Elle est pourtant très peu pêchée au large de nos côtes et, le plus souvent, provient de la Manche ou de la côte Atlantique où quelques bateaux belges spécialisés sont autorisés à pêcher en compagnie de leurs homologues français. C'est la zone de la Manche Est, de Boulogne à Cherbourg, qui fournit l'essentiel des coquilles Saint-Jacques de l'Hexagone et de nos régions. A ne pas confondre avec les pétoncles, plus petites et souvent importées de contrées bien plus éloignées !
Une autorégulation efficace
A l'Ifremer, un institut spécialisé dans l'étude du monde sous-marin, on estime que la coquille Saint-Jacques peut être consommée sans trop de restrictions. Menacée autrefois, l'espèce a ceci de particulier qu'elle échappe à la plupart des réglementations européennes qui frappent les poissons. Ni quotas, ni "TACS" !
Sa pêche est pourtant loin d'être libre. En France, tant l'Etat que les Régions et les municipalités ont leur mot à dire pour réglementer les récoltes. Et ces diverses autorités ne se sont pas privées pour agir...
Dès les années 70, associées de près aux pêcheurs, elles ont commencé à édicter une série de règles en tout genre, très variables selon les baies où on les pêche : taille limite pour les coquilles, interdiction de les décortiquer à bord (pour faciliter le contrôle des prises), puissance maximale des moteurs de bateau, limitation des licences accordées aux patrons de flottille, limitation de période de pêche, etc.
Des chaluts très puissants
Au total, ces contraintes ont permis de protéger l'espèce. Tant mieux, car son élevage, qui reste artisanal et limité à quelques sous-zones, n'est actuellement pas en mesure de suppléer à la rareté des populations naturelles. Les stocks de coquilles Saint-Jacques ne sont donc pas menacés. Mais la vigilance s'impose en raison, disent les spécialistes, d'une "surcapacité des moyens de capture". Comprenez : les chaluts, bien que moins nombreux qu'autrefois, sont techniquement capables de pêcher de plus grosses quantités de mollusques qu'autrefois.
Tant que l'autorégulation du secteur fonctionne, tout va bien pour la coquille Saint-Jacques. Mais l'équilibre pourrait vaciller, par exemple sous l'effet d'une concurrence commerciale accrue, venue soit des importations canadiennes soit des importations de Grande-Bretagne ou d'Irlande. Vendues moins chères (car réglementées moins sévèrement), ces coquilles font bisquer les pêcheurs français... Et c'est sans parler des pétoncles surgelés, importés d'Argentine, du Chili, du Pérou, etc.
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