De tels produits sont d'ailleurs déjà disponibles depuis de nombreuses années et l'offre écologique a fait son entrée dans le non-alimentaire au travers des produits d'entretien ! Actuellement, même si les produits pétrochimiques restent largement dominants, l'offre écologique connait un développement de plus en plus important et c'est cette catégorie qui tire le marché total de l'entretien… Mais l'environnement est-il vraiment la préoccupation majeure des industriels du nettoyage et de l'entretien ?
L'établissement de critères de classification environnementaux applicables à l'ensemble des produits d'entretien est une tâche difficile étant donné le caractère parfois subjectif et non quantifiable de certains paramètres. Dès lors, la manière la plus simple de procéder est de se référer aux labels, dont l'objectif premier est de sélectionner les produits ayant un impact réduit sur l'environnement en fonction de différents critères.
L'enquête du CRIOC et de Bruxelles Environnement a ciblé un total de 89 produits, nettoyants multi-usages et nettoyants pour sanitaires, achetés dans 4 magasins différents (Carrefour, Delhaize, Colruyt et le magasin biologique Sequoia). Parmi cet échantillon, le nombre total de produits portant l'EU Ecolabel est égal à 7,9%, mais variable suivant la catégorie de produits. Les crèmes à récurer ont le taux le plus élevé (12,5%) tandis que les produits nettoie-tout en bouteille à diluer n'ont que 5,5% de produits labellisés. A titre d'exemple, seulement 75 produits détergents portaient le label européen EU Ecolabel en juin 2011 en Belgique.
Seuls deux produits de l'échantillon reprennent un autre label que le label EU, une bouteille de nettoyant désodorisant d'un litre de la marque Etamyne du Lys et un pistolet nettoie-tout de la marque Ecodoo.
Ces résultats montrent que sur 4 enseignes, dont une biologique, une proportion importante de produits dispose d'un label. A noter que seul l'EU Ecolabel est quasiment présent. Les produits présentés comme écologiques (par exemple la marque Ecover) n'ont pas nécessairement l'Ecolabel.
La charte pour le nettoyage durable (CND) est en revanche clairement prédominante avec près de 50% des produits comportant le logo. En mai 2011, 130 firmes étaient engagées à respecter la charte, représentant au total plus de 80% du tonnage des produits détergents.
Dans l'ensemble, la tendance en matière de produits de consommation est à la multiplication des labels, et les produits d'entretien ne font pas exception. Difficile de s'y retrouver, pointe l'enquête, d'autant que tous les labels ne sont pas aussi fiables. 4 labels principaux se retrouvent sur les produits d'entretien :
- L'Ecolabel Européen EU
- Le label Ecogarantie
- Le Nordic Swan
- L'Humane cosmetic standard
Seul le premier a été identifié dans l'échantillon de l'enquête.
Il impose une réduction de la quantité totale de produits chimiques utilisés et une meilleure biodégradabilité, tout en limitant les substances dangereuses.
A noter que le label privé Ecocert est aussi présent sur les produits analysés. Il est, géré par l'organisme français de contrôle et de certification du même nom et ses critères environnementaux sont beaucoup plus exigeants que ceux de l'Ecolabel Européen puisqu'il limite l'utilisation de produits d'origine pétrochimique et de synthèse au strict minimum. Il exige également des matières premières non OGM et non issues d'espèces menacées, des tensio-actifs d'origine végétale renouvelable et des séquestrant inoffensifs pour l'environnement.
En conclusion, après un démarrage très poussif (seulement 1 produit certifié EU Ecolabel en 2001), l'Ecolabel Européen a gagné en puissance et connaît maintenant une croissance relativement importante en termes de nombre de produits certifiés (un total de 369 en juin 2011, toutes catégories confondues). En Europe, c'est en Italie et en France que le label est le plus populaire, la Belgique étant à la 14ème position en nombre de licences accordées.
En Belgique, la catégorie des produits d'entretien est classée 3ème en nombre de produits certifiés (75), derrière les pompes à chaleur (99) et les textiles (131).
Chez nous, le gouvernement fédéral et les fabricants et distributeurs de détergents se sont engagés à commercialiser au moins 10% de produits Ecolabellisés d'ici 2019, comparé à 2% en 2008. Cet accord est encadré par un mécanisme juridique de surveillance qui permet de progressivement orienter l'offre des distributeurs. Cela signifie que le pourcentage de références dans les rayons des magasins est appelé à s'élargir.
L'ensemble des produits comportant l'EU Ecolabel distribués en Belgique peuvent être retrouvés sur le site www.ecolabel.be, géré par le Service public fédéral (SPF) Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement.
Un vernis un peu trop vert...
Les produits écologiques sont vendeurs et à la mode : de nombreux fabricants n'hésitent donc pas à recouvrir leur produit d'un vernis un peu trop vert (greenwashing) et de nombreuses informations fantaisistes risquent de tromper le consommateur, conclut le CRIOC. Toutefois, la proportion de fausses allégations environnementales a diminué depuis la dernière enquête de 2001, peut être sous l'effet d'une méfiance accrue de la part des consommateurs, plus habitués qu'il y a dix ans à distinguer les vrais des faux produits écologiques.
Il reste cependant de nombreux exemples de produits se contentant de répéter la législation ou donnant des informations beaucoup trop vagues pour être utiles au consommateur. La voie la plus prometteuse pour améliorer les performances environnementales du secteur est clairement la certification, notamment avec l'Ecolabel Européen. Dans cette étude, de nombreux produits certifiés EU Eco ont été observés parmi les marques MDD, un signe encourageant étant donné l'effet d'entrainement qu'ont souvent les MDD sur le marché.
L'engagement pris par l'industrie et les autorités visant 10% de produits certifiés Ecolabel en 2019 va également vers la bonne voie et représente pour l'instant un cas unique en Europe.
Mais en plus de cet engagement, de nombreuses autres initiatives doivent être prises pour encourager les fabricants à commercialiser des produits plus respectueux de l'environnement. En matière d'étiquetage par exemple, il serait intéressant d'assurer un meilleur contrôle du respect des consignes et de mettre en place un cadre réglementaire exigeant, comme pour les lessives, l'étiquetage du nombre de doses utiles ainsi que des consignes de dosages claires. Imposer l'indication des prix par dose utile serait également très bénéfique puisque que cela permettrait au consommateur de choisir de manière impartiale les produits plus concentrés.
Enfin, la vente des produits les plus nocifs pour l'environnement, comme les lingettes ou les aérosols devrait être limitée.
Etude complète : Caractérisation de l'offre disponible en produits d'entretien.

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