Le CRIOC et Bruxelles Environnement ont répondu à cette question lors d'une enquête portant sur 182 exemplaires de produits lessiviels vendus en Belgique.
Pour ce faire, chacun des produits analysés a été successivement vidé, l'emballage lavé et séché puis pesé. L'objectif était de calculer le poids d'emballage primaire et secondaire par dose utile.
Concernant l'emballage justement, une concentration plus élevée favorise en principe un poids d'emballage par dose utile plus faible… mais attention : cela ne va pas de soi ! Un gros format sous forme diluée peut ainsi se révéler plus économe en grammes d'emballage par dose utile qu'un petit format concentré.
Néanmoins, l'avantage des gros formats est relatif dans la mesure où il peut obliger le consommateur à se déplacer en voiture pour faire ses courses, moyen de transport plus polluant que d'autres modes de transport tels que le vélo par exemple.
Bref, sur les 182 produits examinés, la lessive liquide la plus performante en termes de poids d'emballage par dose utile est la poche recharge Ariel. Et en général, dans la catégorie des lessives liquides, les produits les plus performants sur ce critère sont de loin les poches recharges, qui constituent 9 des 11 produits dont le poids par dose utile est inférieur à 2 g.
Dans la catégorie des lessives en poudre, le poids d'emballage est de manière générale plus élevé, aux alentours de 6-7g par dose utile. Les emballages sont tous relativement similaires, en carton. Les produits les moins bien classés, avec un poids supérieur à 8g sont les poudres Dreft, Carrefour et Ecover (1,2 kg). Ce dernier a d'ailleurs le poids d'emballage le plus élevé, avec 10,5g par dose : on voit donc ici les limites d'un produit écologique qui, pour avoir la même efficacité, doit avoir une dose utile plus importante et qui, parce qu'il est plus cher, est vendu en petit format afin de moins effrayer le consommateur...
Un produit intéressant, côté déchets, est la lessive "Bubble" de Persil, le seul "liquid tab" de l'étude. Son enveloppe se dissout totalement au lavage et la boite le contenant est en PET, donc 100% recyclable.
En résumé, sur un total de 125 lessives liquides, 72%, soit 7 produits sur 10, sont 100% recyclables. On obtient quasiment le même ratio pour les poudres : 71,4%.
Un total de 23 produits seulement (12,5%) comportent des indications sur l'emballage concernant la gestion des déchets, en particulier le caractère recyclable. Ces informations sont importantes car elles permettent de donner des consignes claires au consommateur sur ce qu'il doit faire avec les déchets d'emballage. Cela reste peu. Il serait intéressant, par exemple, que davantage de produits portent l'information écrite sur la poudre écologique Delhaize : "Vider entièrement le produit. Après utilisation, déposer l'emballage avec les vieux papiers".
L'ensemble des produits étudiés porte en revanche un marquage sur la nature du matériau (HDPE, PET…) utilisé, ce qui permet au consommateur de participer aux collectes sélectives. Certaines de ces indications sont toutefois écrites en caractères tellement petits qu'il est souvent assez difficile de les lire.
Quantité moyenne de déchets
En final, la quantité moyenne de déchets d'emballage est obtenue en faisant la moyenne du poids d'emballage par dose utile par catégorie de produit, pondérée par les tonnages respectifs de chaque catégorie. La moyenne obtenue est ainsi de 4,3 g de déchets d'emballage par dose utile. En multipliant ce chiffre par la fréquence de lavage par ménage et par semaine, par le nombre de ménages à Bruxelles et le taux de pénétration de ces produits, on obtient un total d'environ 372.235 kg de déchets par an, chiffre en dessous de celui obtenu pour les produits d'entretien (431.000 kg).
Le CRIOC recommande dès lors, pour minimiser les déchets d'emballage, de désigner au consommateur les produits qui génèrent le moins de déchets par dose d'utilisation et de fournir des conseils pour limiter les dosages et éviter les gaspillages. Il convient également de donner au consommateur des consignes claires sur ce qu'il doit faire avec les déchets d'emballage. Enfin, un marquage indiquant la nature du matériau doit être présent et bien lisible sur les produits, afin de permet au consommateur de distinguer les matériaux et de participer de façon efficace aux collectes sélectives.
Etude complète : Caractérisation de l'offre disponible en produits lessiviels.

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