De fait, la Coupe du Monde était pour la première fois placé sous le signe du 'tri sélectif'. La campagne 'Love NZ' entendait ainsi recycler des milliers de tonnes de verre, de plastique et de papier, qui, en un temps ordinaire, auraient fini sans distinction dans les poubelles classiques. Au total, 85.000 visiteurs sont attendus jusque fin octobre à cette coupe du monde… L'initiative a conduit les organisateurs de la campagne à placer 50 poubelles permanentes de recyclage autour des sites visés. Une petite partie, seulement, du programme national de tri sélectif puisqu'au total 340 poubelles permanentes et 1.700 autres, provisoires, seront disposées dans 25 centres urbains et les zones touristiques des 12 villes qui accueilleront la coupe du monde. Un projet estimé à 2 millions de dollars, 500.000 rien que pour rendre la coupe du monde moins polluante… Un événement qui n'a pas été choisi au hasard et qui constitue la suite logique du programme de recyclage des autorités : depuis 20 ans, en effet, les néo-zélandais sont passés maîtres dans l'art du tri sélectif à domicile. Il fallait à présent instaurer le même état d'esprit lors de manifestations extérieures… Or, ce n'était pas gagné d'avance : une étude montre en effet qu'à Auckland les gens ne feraient pas un détour de 10 mètres pour pouvoir recycler leur bouteille. La ville est d'ailleurs largement à la traine par rapport à l'Europe pour les équipements de recyclage du verre, du plastique et de l'aluminium dans les rues. 34% du verre finit à la décharge au lieu d'être re-fondu. Avec la campagne 'Love NZ', on espère ainsi au moins 25% de recyclage des bouteilles bues dans la rue. Sur certains sites, presque 80% des bouteilles sont collectées directement pour le recyclage. L'exemple néo-zélandais n'est pas unique : en France, une association comme Aremacs propose depuis 2004 aux organisateurs d'événements une gestion cohérente et responsable des déchets générés par leur manifestation. Comment ? En impliquant les organisateurs, les collectivités et le public et en intégrant de nouvelles pratiques sur ces événements pour réduire leurs impacts environnementaux. La société gère ainsi toute la logistique des déchets lors de manifestations publiques. Et les organisateurs s'en sortent avec une image valorisée… 'Ces manifestations génèrent de forts impacts sur l'environnement, un gisement de matériaux recyclables !', avance l'association Aremacs . 'Malheureusement aujourd'hui en France, la gestion sélective des déchets est encore une préoccupation mineure des organisateurs de manifestations.' Et chez nous ? Fost Plus est l'organisme privé qui prend en charge la promotion, la coordination et le financement des collectes sélectives, du tri et du recyclage des déchets d'emballages ménagers en Belgique. Son constat est assez positif : le Belge a le tri dans le sang et nous faisons clairement partie du peloton de tête européen en termes de tri et de recyclage des déchets d'emballages ménagers. 91,5% des emballages qui ont été mis sur le marché en 2010 ont été recyclés. Un recyclage qui nous fait économiser jusqu'à 860 000 tonnes de CO2 chaque année. Plus de 95% des Belges sont des trieurs réguliers. Chaque été, depuis 2004, Fost Plus prolonge sa sensibilisation en faveur du recyclage sur les sites des festivals de musique : Werchter, les Ardentes, Dour, les Francos… Aujourd'hui, une vingtaine d'événements collaborent avec Fost Plus pour mettre en place un système performant de collectes sélectives de déchets. L'année passée plus de 100 tonnes de déchets d'emballages ont ainsi pu être recyclées au cours de ces divers événements. 'L'optimalisation du tri des déchets hors des foyers est un objectif important pour Fost Plus', assure l'organisme. 'Le tri à domicile est presque devenu une seconde nature pour la majorité de la population. Il faut maintenant faire en sorte que ces gens puissent trier partout, exactement comme ils le font à la maison. Le premier groupe-cible qui a bénéficié de l'attention de Fost Plus à cet égard fut les écoles. Très vite cependant, il est apparu que le tri à l'école était bien intégré par les plus jeunes mais que les plus âgés étaient un public moins réceptif ou plus rebelle pour acquérir (voire conserver) le bon geste de tri. Une évidence s'est alors imposée, il fallait rendre le geste de tri cool et le biotope idéal pour ce faire, ce sont les festivals'. Résultat : une collaboration entamée avec différents festivals depuis 7 ans et le placement d'écozones sur les sites. Les îlots de recyclage sont constitués de conteneurs pour les PMC et pour les déchets ménagers non recyclables : les festivaliers n'ont qu'à choisir la bonne poubelle. Désormais, vu le succès rencontré sur les grands événements, même les plus petites manifestations de moins de 10.000 visiteurs pourront bientôt disposer de matériel de tri. Fost Plus, en partenariat avec la plupart des intercommunales de gestion de déchets du pays, a en effet fait produire plusieurs centaines d'ilots de tri. Depuis juillet, les organisateurs peuvent s'adresser directement à leur intercommunale qui veillera à ce que le matériel de collecte leur soit livré et que les matières collectées sélectivement subissent un traitement approprié. |