Des ailerons trop prisés
Inoffensif pour l'homme, ce petit requin - environ un mètre de longueur - présente diverses similarités avec ses cousins du Pacifique, plus connus et médiatisés par le cinéma : corps souple et effilé, peau gris ardoise (parfois brune) et nageoire dorsale. Cette dernière particularité lui vaut d'être très prisé par les pêcheries asiatiques, qui raffolent des ailerons de requins. La cruauté qui consiste à découper l'aileron, puis à rejeter l'animal vivant à la mer, devrait normalement avoir disparu de la plupart des eaux européennes, car elle est interdite. Mais il y a des dérogations et il est assez difficile de savoir exactement ce qui se passe à bord des bateaux de pêche et comment ces exceptions sont contrôlées en mer… En tout cas, la consommation d'ailerons – locaux ou importés – reste fréquente dans les restaurants asiatiques installés en Europe.
Les populations d'aiguillat se portent mal. Selon l'Ifremer, un Institut (français) spécialisé dans l'étude de l'écosystème marin, la survie biologique de son « stock » est partout compromise le long des côtes atlantiques européennes, y compris en mer du Nord. Il faut dire que l'animal est assez vorace et qu'il souffre de la raréfaction de ses proies : harengs, maquereaux, cabillauds, etc. Il est également pêché pour fabriquer de la farine de poisson, utilisée notamment dans l'alimentation d'animaux de compagnie et de… poissons d'élevage. Toutes ces formes de prélèvements ne font qu'aggraver une particularité biologique de cette espèce: les femelles n'atteignent leur maturité sexuelle que très tard et, de surcroît, affichent une faible fécondité.
Un "chien" qui prend l'eau
Scientifiques et protecteurs de l'environnement s'inquiètent de longue date pour l'avenir de cette espèce. Sa consommation est donc déconseillée. Depuis plusieurs années, le « chien de mer » - c'est son surnom, en raison de sa façon de se déplacer et de chasser en groupe - est rangé sur la liste des espèces dites « en danger critique d'extinction » de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Selon Traffic, une organisation non-gouvernementale proche du WWF, les populations du Nord-est atlantique ont chuté d'environ 80 % au cours des dix dernières années. A plusieurs reprises, l'aiguillat a été à deux doigts d'être rangé dans l'annexe II de la Cites, la convention internationale qui réglemente le commerce des espèces en danger. Cela aurait signifié que son prélèvement serait resté autorisé mais qu'il aurait été soumis à une régulation et une surveillance spécifique. Finalement, il n'en a rien été. Toutefois, sa pêche a récemment été interdite dans toute la zone Nord est de l'Atlantique. Faute de mesures plus générales, cette mesure risque d'augmenter la pression sur les stocks de poissons périphériques à cette zone.
Voici quelques recettes proposées par le site Move-Eat:
Aiguillat à la Stroganoff
Vous pouvez aussi consulter le calendrier des poissons :
Calendrier des poissons |