Des meubles verts, ça existe ?
Thématique Consommation durable         Publié le : 20/09/2011
Catégorie: Article

Or, étant donné que ces meubles font partie de notre quotidien au même titre que nos repas, il ne serait pourtant pas inutile d'y réfléchir, qu'il s'agisse de l'achat d'un nouveau mobilier ou de s'interroger sur la provenance de nos meubles existants. Au fond, des meubles "verts", ça existe ?

Dans le commerce en général, dans les grandes chaînes d'ameublement comme chez les vendeurs isolés, force est en effet de constater qu'à quelques rares exceptions près, les meubles sont peu clairement étiquetés. La provenance et le lieu de fabrication des meubles en bois, notamment, demeurent bien souvent mystérieux.

En la matière, la Commission Européenne a pourtant publié au Journal Officiel de l'Union européenne en décembre 2009 les critères écologiques pour l'attribution du label écologique communautaire au mobilier en bois. Cet écolabel concerne tous les meubles constitués d'au moins 90 %, en masse, de bois massif ou de matériaux à base de bois. A l'origine, en l'an 2000, cet écolabel devait concerner tous les meubles, quels que soient les matériaux mis en oeuvre. Mais, après 4 ans de travail et de discussions interminables entre les parties prenantes (Commission européenne, environnementalistes, consommateurs, fabricants de meubles, fournisseurs de matériaux et de produits de finition, distributeurs, etc.), le travail a été réorienté vers les seuls meubles en bois.

Les critères écologiques concernent principalement le matériau à base de bois et les substances dangereuses susceptibles d'être présentes dans ces matériaux, les revêtements ou les adhésifs.

Le mobilier doit aussi répondre aux exigences de sécurité, de solidité et de durabilité des normes européennes, le produit devant être aisément recyclable. Une "description détaillée des meilleurs moyens disponibles pour éliminer le produit (réutilisation, recyclage, reprise par le demandeur, production d'énergie), classés en fonction de leur incidence sur l'environnement, doit être fournie au consommateur".

Quant à l'impact environnemental du mobilier, il est très variable et varie en fonction de la diversité des matériaux qui le composent. Par exemple, une table peut être en bois massif ou constituée de panneaux de fibres de bois protégés par divers revêtements (stratifié, mélaminé, contreplaqué), avec des pièces en aluminium, en plastique...

Plus les matériaux sont complexes ou transformés, plus l'énergie nécessaire à leur fabrication est grande. Par exemple, le contenu en "énergie grise" du bois massif est près de 5 fois inférieur à celui du bois lamellé collé et 50 fois inférieur à celui de l'aluminium. Et bien qu'ils soient recyclables et en partie recyclés, l'acier et l'aluminium peuvent avoir un bilan négatif puisque issus de minerais non renouvelables. Un exemple de contenu énergétique ("énergie grise") de certains mobiliers (en kWh/kg, 1kWh = 3,6 mégajoules ou ½ heure de sèche-cheveux !) : une table en bois laqué, c'est 8 kWh/kg… un futon en coton de 90 cm sur 200 c'est 44 kWh...

Surtout, au-delà des ressources naturelles et énergétiques, la production d'un meuble recourt souvent à l'utilisation de substances nocives pour la santé et l'environnement : eh oui, certains meubles peuvent contenir des métaux lourds, des composés organiques volatils, des formaldéhydes, des retardateurs de flammes halogénés… Le formaldéhyde, mieux connu sous le nom de formol lorsqu'il est dissout dans l'eau, est un composéorganique très volatil (COV). De faible poids moléculaire, cette substance a la propriété de devenir gazeuse à température ambiante et est actuellement fréquemment retrouvé dans les environnements intérieurs. En France 50% des logements présentent des concentrations supérieures à 20 microgramme par m3, 5% d'entre eux enregistrant des concentrations supérieures à près de 50 microgramme par m3.

Le formaldéhyde est un irritant des yeux, du nez et de la gorge. Suite à une étude américaine, il a été classé en 2005 par l'OMS comme étant un cancérogène certain pour l'homme du nasopharynx et des fosses nasales.

Autant les panneaux d'aggloméré (colles et résines), les mousses de rembourrages (dossier de chaises, canapé, matelas...) et les revêtements tels que vernis, laques mais aussi textiles et cuirs peuvent contenir ces substances qui sont susceptibles de se diffuser dans l'air ambiant parfois pendant plusieurs années. Or, une exposition à long terme peut mener à une irritation des yeux, de la peau, des voies respiratoires, ou encore à des troubles du système nerveux.

L'éco-conception consiste dès lors à intégrer les aspects environnementaux dès la phase de création des meubles et prend en compte toutes les étapes du cycle de vie des produits.

Pour un meuble en bois par exemple, on prendra en compte : la provenance du bois, la distance et le temps de transport des matières premières, le choix d'un procédé de fabrication, la réduction de l'emballage, etc.

Un meuble "durable" est ainsi composé de matériaux renouvelables, de matériaux recyclés et/ou de matériaux recyclables dont la production engendre de faibles émissions de gaz à effets de serre. La comparaison des empreintes écologiques des différents matériaux conduira à préférer le bois massif au métal et au plastique. Il existe également des labels à vérifier : FSC (Forest Stewardship Council) et PEFC (Programme de Reconnaissance des Certifications Forestières). Ils garantissent que le bois et les produits du bois proviennent de forêts gérées de manière durable.

En Belgique, le troisième importateur de meubles est la Chine. Interrogeons nous sur la provenance et privilégions les meubles de fabrication locale ou européenne. Une table en bois, même certifié, qui a parcouru des milliers de kilomètres, peut avoir une charge écologique bien supérieure à celle de son équivalent local, même en plastique. Enfin, il est préférable d'opter pour des matériaux bruts, en opposition aux composites ou pour certains types d'assemblages sans colles (onglet, chevilles, tenons et mortaise) ainsi que des traitements de surface à base de produits naturels (cires d'abeilles ou végétales, huile de lin) pour limiter au maximum la présence de COV et de formaldéhydes.

Pour les meubles à base de panneaux composites, choisissez des produits de classe E1 (la norme E1 impose des teneurs inférieures ou égales à 8 mg de formaldéhyde pour 100 g de matériau) ou CARB1 (émission < 0,18 ppm.

Si ce n'est pas le cas, avant utilisation, il est préférable de laisser aérer quelques semaines les nouveaux meubles en contreplaqué, surtout s'ils sont destinés à une chambre d'enfant.

A noter que différents labels établissent le caractère écologique de la production des meubles. Ces labels peuvent se rapporter aux matériaux utilisés pour la production ou au produit fini. FSC ou PEFC pour le bois ou NaturePlus, mais aussi NF environnement pour les produits finis (en France) ou Nordic Swan pour les meubles issus des pays nordiques.

Source: écoconso

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