Une tornade verte, vraiment ?
Thématique Nettoyage et hygiène         Publié le : 14/04/2011
Catégorie: Article

Cette piètre performance est appelée à être rayée des esprits. Le gouvernement belge et les fabricants/distributeurs ont signé un accord sectoriel prévoyant d'augmenter graduellement cette proportion et de l'amener à 10 % en 2019. Les détergents écologiques ont la particularité d'être fabriqués essentiellement à partir de matières végétales (et non de dérivés du pétrole). Ils sont moins toxiques pour la vie végétale et aquatique et se dégradent d'une façon plus efficace et plus rapide dans l'environnement.

L'accord prévoit également qu'ils pourront être acquis par les consommateurs au moyen des éco-chèques et qu'ils seront plus concentrés qu'autrefois. Les produits concentrés présentent l'avantage, en effet, d'obtenir des résultats de lavage équivalents à partir d'une dose de lavage plus réduite, ce qui limite les besoins de transport et d'emballage. Et, de là, les émissions de CO2. En 2019, les produits concentrés devraient atteindre 60 % du marché belge des détergents. Enfin, l'accord préconise de mettre l'accent sur l'information et la sensibilisation du consommateur. Il s'agirait, par exemple, de le convaincre d'utiliser un dosage correct des détergents et de diminuer de cinq degrés la température moyenne de ses lessives, actuellement réalisées à 43 degrés.

Au cabinet du ministre Paul Magnette, on estime fièrement que la Belgique sera le premier pays européen à appliquer un mécanisme juridique permettant d'orienter l'offre dans le secteur de la distribution. Au Réseau Eco-consommation, une association qui épaule le consommateur tenté par les achats "verts", on se montre plus critique : l'accord, non-contraignant, ne se montre pas très ambitieux dans ses objectifs chiffrés. L'objectif de diminuer la température des lessives sera difficile à démontrer. Surtout, on dénonce une énorme lacune.

Outre leurs tensio-actifs (qui détachent les salissures du support), les produits de nettoyage contiennent une série d'ingrédients qui développent leur toxicité propre : parfums, adoucissants, colorants, solvants, acides, etc. Or, comme l'a déjà démontré le CRIOC, il est possible de s'en passer en ayant recours à des détergents plus simples et dénués des paillettes du marketing : vinaigre, cristaux de soude, savon de Marseille, bicarbonate de soude… Vendus dans de petits contenants, ces produits semblent de plus en plus difficiles à trouver sur le marché. Le récent accord, estime Eco-consommation, aurait dû assurer leur promotion auprès du consommateur. Quant à la référence à l'écolabel européen, elle est à double tranchant. Vu son coût, plusieurs fabricants de produits écologiques renoncent à l'apposer sur leurs produits. Ils ne sont donc pas repris dans les statistiques de vente mais leurs détergents vont, parfois, plus loin que les critères retenus par l'écolabel. Ce qui en fait des produits encore plus écologiques… ceux-ci ne sont nullement tenus en compte par l'accord sectoriel.

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