L'étude dégage ainsi plusieurs points forts de la voiture hybride, qui, en agglomération et dans une circulation embouteillée, permet de rouler uniquement sur le moteur électrique. Cette électricité est de l'énergie de recyclage produite pendant que la voiture freine et termine sa course. L'automobiliste réduit ainsi sa consommation quand le trafic est fortement ralenti.
Le moteur diesel, lui, sera préféré quand il est possible de rouler à une vitesse constante et à bas régime : à ce moment, il fournit des performances optimales. Cela reste le cas sur autoroute… mais attention, en dehors des heures de pointe ! Alors, le moteur diesel fonctionne à un régime plus bas que le moteur essence et, par conséquent, atteint sa bonne température et sa consommation optimale. Dans un trafic urbain, à l'opposé, la voiture diesel n'atteint sa température idéale de fonctionnement qu'après 20 minutes (sur l'autoroute après 10 minutes). Une voiture diesel n'est donc absolument pas appropriée pour les petits trajets en ville. De plus, le nombre de voitures citadines roulant au diesel augmente largement le problème des oxydes d'azote, très nocifs pour la santé.
Le VAB pointe aussi que la voiture hybride reste par ailleurs clairement le champion au niveau des émissions de CO2. Or, la prime CO2 fédérale a longtemps incité et incite encore les automobilistes à acheter des voitures diesel, même s'ils font essentiellement des petits trajets et effectuent peu de kilomètres. Les résultats des tests font apparaître qu'une voiture hybride consomme 4,98 litres de carburant, contre 5,10 pour le diesel et 6,08 pour l'essence aux 100 kilomètres.
En conclusion, il serait temps, insiste le VAB, que le gouvernement lance un vaste débat public sur le dossier.
Voici deux ans, le même VAB demandait déjà que les autorités se penchent sur le vaste thème du trafic et de l'environnement, décrétant que nous étions sur la mauvaise voie. « Les automobilistes sont de plus en plus nombreux à opter pour le diesel, tandis que les pouvoirs publics croient résoudre le problème de l'environnement en réduisant les émissions de CO2, en négligeant d'autres émissions tout aussi toxiques (l'oxyde d'azote et les fines particules). La Belgique n'atteint pas les objectifs de la norme européenne sur l'émission de fines particules », concluait déjà le club automobile. Ce dernier ajoutait que limiter la vitesse à 90 km/h en cas d'alerte Smog (trop de particules fines dans l'air) était une solution utile, mais que l'Europe imposait déjà de nouvelles mesures, encore plus strictes.
Voici deux ans, 8 voitures neuves sur 10 étaient équipées d'un moteur diesel. Aux Pays-Bas, seulement 3 voitures sur 10 roulent au diesel. En Allemagne, le rapport est de 5 sur 10. Et un automobiliste sur 4 se trompe en optant pour une voiture à moteur diesel, explique le VAB, soit 20 à 25% des conducteurs ont fait le mauvais choix de véhicule. Aujourd'hui, avec le prix du diesel qui se rapproche de plus en plus de celui de l'essence, la proportion a légèrement évolué : on parle de 7 voitures sur 10 qui roulent au diesel.
Pourtant, il faut rappeler qu'en dessous de 10.000 km/an, les économies réalisées à la pompe n'amortissent pas le surcoût à l'achat et les frais d'entretien d'une voiture diesel. Enfin, il est important de savoir qu'en cas de faible kilométrage, les frais d'entretien augmentent en raison d'une usure prématurée: trop de petits trajets (inférieurs à 10 km) ; le moteur diesel n'a pas le temps d'atteindre sa température de croisière. Tandis que le filtre à particules, censé réduire les émissions de fines particules, se bouchera très rapidement. Pour le VAB, celui qui ne parcourt pas régulièrement plus de 25 km sur autoroute a intérêt à ne pas acheter une voiture à moteur diesel.
Ajoutons que le moteur diesel rejette deux matières très toxiques: l'oxyde d'azote (NOx), qui est une des causes du smog estival. En comparaison avec un moteur à essence, le moteur diesel rejette trois fois plus de NOx. Et les fines particules de suie (PM), principal composant du smog hivernal. Ici, le rejet des moteurs à essence est négligeable. Ces matières provoquent des maladies cardio-vasculaires, avec à long terme, une réduction de la durée de vie d'environ un an.
|