Si l'on cumule les emballages industriels et les emballages vendus directement aux consommateurs, chaque Belge consomme en moyenne 429 kilos annuels de "contenants". Enorme ! On peut toutefois nuancer ce constat de diverses manières. A eux seuls, les emballages industriels réutilisables frôlent les 200 kilos. Cela signifie qu'ils sont réinjectés dans les circuits commerciaux et sont utilisés au moins deux fois, sinon bien plus. Autre évolution enthousiasmante, notée par le Centre de recherche et d'information des organisations de consommateurs (Crioc) : les taux de recyclage des emballages s'améliorent pour tous les matériaux, même s'ils restent trop faibles pour les cartons à boissons et les bouteilles ou flacons en plastique. L'observation scientifique des emballages amène aussi à ce constat rassurant : le poids moyen des emballages classiques ne cesse de diminuer. Par exemple, la petite bouteille de bière a maigri de 27 grammes entre 1990 et 2009.
Encourageant? Oui, car ce sont autant de volumes de déchets en moins aboutissant dans les incinérateurs et les décharges, qui coûtent très cher à la collectivité.(1) Il n'empêche que la masse des emballages "perdus", en Belgique, avoisine la bagatelle d'1,6 million de tonnes chaque année, ce qui représente environ 150 kilos par personne… Et qu'on continue d'utiliser 500 000 tonnes d'emballages alimentaires à usage unique dans notre pays. La simple fabrication des emballages émet, chaque année, plus d'1 million de tonnes de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Et leur transport, une fois à l'état de déchets, 150 000 tonnes supplémentaires...
Voilà qui nuance quelque peu les cris de victoire de Fost Plus, selon lesquels les Belges sont les champions du tri et du recyclage… Au terme d'une étude menée en 2008 et 2009, le Crioc relève d'ailleurs que la part du verre ne cesse de diminuer dans nos cabas et nos cuisines au profit du plastique. Ceci est valable non seulement dans le domaine des bouteilles mais aussi dans celui des emballages en général. De 2004 à 2007, ce matériau a encore grignoté, tous secteurs d'emballages confondus, 1,2 % de part de marché supplémentaire. A tel point que six boissons rafraîchissantes sur dix, en Belgique, sont aujourd'hui vendues en bouteille plastique. Or, le plastique reste très peu réutilisé.(2)
Si la quantité de déchets d'emballages - perdus ou à traiter - ne cesse d'augmenter, c'est principalement en raison de deux facteurs: les besoins du marketing (qui privilégie trop souvent le tape-à-l'œil commercial à l'impact minimal sur l'environnement) et la mutation de nos habitudes de consommation. Ainsi, la multiplication des cellules familiales plus petites (les personnes vivant seules ont augmenté de 43 % entre 1991 et 2007 !) entraîne le recours à des portions alimentaires plus réduites, multipliant le nombre d'emballages mis sur le marché. En outre, les repas à horaires fixes sont de plus en plus remplacés par le grignotage (le "snacking") et le nomadisme : on mange à l'extérieur et à tout moment.
De telles évolutions comportementales ne sont pas sans incidence sur notre santé… Elles nous rappellent à l'ordre, aussi, sur la nécessité de réfléchir au mieux nos actes d'achat, trop souvent impulsifs et dictés par une publicité parfois très envahissante.
(1) Entre 1995 et 2007, la part des emballes aboutissant en incinération (avec récupération d'énergie) est toutefois passée, selon Fost Plus, de 25,6 à 12,2 %
(2) De là à dire que le verre est irréprochable, il n'y a qu'un pas: or le Crioc rappelle que son coût énergétique est particulièrement élevé, surtout lorsqu'il n'est pas réutilisé.
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