Les emballages ont un impact bien connu sur l'environnement. En Belgique, on estime généralement que les contenants dits "primaires" (qui sont vendus directement aux consommateurs) émettent à eux seuls 1 % des gaz à effet de serre rejetés dans l'atmosphère. Si l'on rapporte cette pollution spécifique - elle génère plus d'un million de tonnes de CO2- à l'ensemble des activités humaines, c'est loin d'être négligeable. Surtout que l'impact des emballages ne se limite pas aux gaz à effet de serre. Leur fabrication et leur transport exercent également un impact sur l'eutrophisation des cours d'eau (un processus d'«étouffement" de la vie aquatique) ; ils contribuent aussi à la production d'ozone (si irritant, voire dangereux, pour les enfants en bas âge, les personnes âgées et malades), à l'acidification des rivières et au relâchement de métaux lourds dans l'atmosphère.
De gros efforts ont été fournis par les fabricants pour réduire ces effets néfastes. Ainsi, le poids moyen des emballages n'a fait que diminuer ces dernières années. Dans une enquête menée en 2009, le Centre de recherche et d'information des organisations de consommateurs (Crioc) note que le taux de recyclage s'améliore pour tous les matériaux (carton, aluminium, acier, plastique, verre), même si la performance des cartons à boissons et des bouteilles et flacons en plastique reste faible. En termes plus qualitatifs, on a également vu apparaître de réelles innovations. Ainsi, certaines grandes enseignes ne commercialisent plus, pour la viande, que des barquettes 100% végétales à base de canne à sucre ou de maïs. Les bouteilles réutilisables en plastique recyclé ont fait leur apparition, certes timide (elles sont en PET –polyéthylène téréphtalate). De même, dans les rayons traiteurs de grandes surfaces, on emballe dorénavant les sandwiches dans une cellophane produite à partir de cellule de bois. Quant aux sacs de caisse jetables, il aura suffi de quelques années aux consommateurs pour les bouder largement. Tant mieux ! Car la décomposition naturelle de tels sacs, utilisés en moyenne pendant 20 minutes, exige 100 à 400 ans...
De tels exemples sont encourageants. Mais parfois trompeurs... Le Crioc souligne par exemple que les emballages en plastiques végétaux n'ont de sens que si les plantes utilisées ne requièrent pas de grandes quantités d'eau, d'engrais ou de pesticides au stade de leur culture. Selon les premières études à ce sujet, le recours à l'amidon de pomme de terre serait préférable à l'utilisation de maïs. A cet égard, les sacs certifiés "Ok compost" sont à conseiller. Par ailleurs, à quoi bon mettre sur le marché des plastiques "100 % dégradables" s'ils n'aboutissent pas dans un compost? Plus surprenant : selon le Crioc, les sacs papier à base de papier recyclé ne sont pas écologiques : si l'on tient compte de l'ensemble de leur "cycle de vie", ils consomment 2,4 fois plus d'eau que les sacs à usage unique !
Au total, malgré les efforts des fabricants en faveur du recyclage et de la réutilisation, près de 800 000 tonnes d'emballages primaires restent "perdus" chaque année dans notre pays. Si l'on y ajoute les emballages industriels, il faut doubler ce tonnage ! Tout cela ne doit pas nous décourager. Les conseils de base restent valables. Privilégier les produits emballés avec sobriété (souvent moins chers). Préférer l'eau de distribution à l'eau en bouteille plastique. Eviter le verre jetable, certes recyclé mais à quel prix pour l'environnement (en raison de son poids, notamment) ! Lui préférer les cartons à boissons, infiniment plus légers. Recourir aux contenants plastiques ré-remplissables, lorsqu'ils existent. Et, surtout, bannir les petits emballages sophistiqués, criblés de gadgets et/ou mentions commerciales superflues ou tape à l'œil. |