77% des espèces de poissons menacées par la surpêche
Thématique Alimentation         Publié le : 14/11/2010
Catégorie: Article

En 2000, l'énergie apportée aux hommes par la consommation de poisson était 12,5 fois moindre que l'énergie utilisée par la flotte mondiale pour la pêche de ces mêmes poissons. A l'énergie nécessaire pour alimenter tous ces bateaux, il faut encore ajouter celle consommée par toute la chaîne de transport, transformation, congélation et distribution des produits de la mer.

Plus inquiétant encore, la diminution des stocks de nombreuses espèces, poussant certaines aux limites de l'extinction, quand ce n'est pas déjà fait. La FAO (Food and Agriculture Organization of the United Nations) estime à 77% la proportion d'espèces de poissons concernées par la surpêche : 8% des espèces seraient épuisées, 17% surexploitées et 52% exploitées à leur maximum. La perte également de biodiversité dans certaines zones marines, due à la destruction des écosystèmes aquatiques par des techniques de pêche irrespectueuses de l'environnement. Les chalutiers industriels, par exemple, ratissent les fonds marins avec leurs énormes filets, ramassant tout ce qu'ils peuvent et détruisant le reste. La pêche industrielle, bien que ne représentant qu'1% en bateaux de la flotte mondiale, correspond à elle seule à 50% des poissons pêchés.

La pêche au cyanure ou à la dynamite, bien qu'interdites, continuent à faire d'innombrables dégâts sur la faune et la flore subaquatique. Les récifs de coraux sont balafrés, déchiquetés; les espèces de poissons et crustacés qui y trouvaient jusque là refuge se retrouvent sans habitat. Ces zones sont transformées en de véritables déserts marins.

La surpêche est bel et bien un fléau moderne. Il s'agit de pêcher certaines espèces tellement vite et en de telles quantités qu'elles n'ont pas le temps de se reproduire. Paradoxalement, les techniques de pêche ne cessent d'évoluer, alors que le nombre de prises stagne : c'est effectivement une des conséquences de cette pêche intensive irresponsable. Les impacts en affecteront plus des ¾ des principales zones de pêche du monde, mettant aussi bien en péril la biodiversité marine que l'économie locale et la survie des populations qui en dépendait jusque là.

La pêche non sélective est-elle aussi source de problèmes : les filets, non spécifiquement adaptés aux espèces recherchées, attrapent tout ce qui passe par leurs mailles. 25% des poissons pêchés sont rejetés morts à la mer car ils ne correspondent pas à l'espèce souhaitée. Cela représente jusqu'à 27 millions de tonnes de poissons ! C'est ce que l'on appelle les prises "accessoires", qui sont par ailleurs la plus grande cause de mortalité chez les petits cétacés (baleines, dauphins, marsouins), poussant certaines espèces jusqu'au bord de l'extinction. 17 espèces d'albatros sont concernées par ce drame. 89% des requins marteaux et 80% des requins blancs et renards ont disparu en à peine 20 ans à cause de ces prises accessoires.

L'élevage de poissons, crevettes et coquillages est souvent perçu comme étant une solution à la pêche. C'est ce que l'on appelle l'aquaculture. Ces poissons d'élevage correspondent déjà à 40% de l'ensemble des produits de la mer disponibles sur le marché; part qui devrait encore augmenter. Néanmoins, les élevages aquacoles ne sont pas sans inconvénients. Actuellement, 37% des prises globales sont destinés à l'alimentation de ces poissons d'élevage. Outre l'énergie nécessaire, les rejets produits par ces cultures sont loin d'être minimes : l'ensemble des fermes d'élevage de saumon en Ecosse rejettent par jour autant de déjections que les 600 000 habitants de la ville d'Edimbourg. L'espace nécessaire à ces élevages est également important; dans les zones tropicales, la construction massive de fermes aquacoles a entrainé une destruction des mangroves et des zones humides.

Bien que bénéfique pour notre santé, la consommation de poisson et la pêche ou l'élevage qui en résultent posent un gros problème environnemental. Il est néanmoins possible de diminuer l'impact négatif de notre consommation, en commençant par se renseigner sur l'origine et le type de pêche utilisée pour les poissons que nous achetons. A un niveau supérieur, des législations et des labels ont été élaborés afin de rendre les pêcheries plus responsables. Il faut agir vite, avant que toutes les espèces d'animaux qui peuplent les eaux de notre planète n'aient disparu.

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Consommer du poisson issu de l'aquaculture préserve les ressources de la planète.

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