Du poison dans nos poissons
Thématique Alimentation         Publié le : 12/11/2010
Catégorie: Article

Les autorités publiques en matière de santé recommandent la consommation de poisson pour ses capacités nutritionnelles intéressantes : riche en acides gras de type oméga-3, en micronutriments, minéraux et protéines. En moyennes, 15,5% des protéines absorbées par l'homme proviennent de la consommation de poissons, et ce taux dépasse les 30% dans certains pays asiatiques.

Les oméga-3 sont notamment reconnus pour leurs effets favorables sur les risques d'obstruction des vaisseaux sanguins et la prévention des accidents vasculaires qui en découlent ainsi que sur certains cancers. Ils auraient également des effets bénéfiques sur les diabètes de type I et II, des affections inflammatoires chroniques gastro-intestinales telles que la maladie de Crohn et les colites ulcéreuses, l'arthrite rhumatoïde et d'autres affections auto-immunes. Ces derniers effets ne sont cependant pas encore vérifiés à 100%.

Ceci explique que dans les pays riches, la consommation de poisson soit perçue comme étant un « facteur santé », favorisant le développement et le maintien en bon état des fonctions neurologiques, entre autres. Il n'en va pas de même dans les pays pauvres (principalement Afrique, Asie et Amérique Latine) où le poisson constitue un aliment de base.

En Belgique, 70% de la population a une consommation d'aliments de la mer inférieure aux quantités recommandées en matière de santé. Cela n'a rien d'étonnant quand on sait que 20% de la population belge ne mange presque jamais de poisson, et 3% n'en mange jamais. Ce sont principalement les jeunes, les personnes peu éduquées et habitant en Région Wallonne qui sont concernés. En effet, la consommation de produits de la mer est supérieure en Flandres.

Néanmoins, les poissons présentent un inconvénient majeur : ils ont la fâcheuse tendance à stocker dans leurs tissus, et en particulier dans leur graisse, des résidus de pollutions diverses telles que des métaux lourds (plomb, mercure), des dioxines ou encore des antibiotiques. Ces toxiques chimiques sont à proscrire particulièrement pour les jeunes enfants ainsi que les femmes enceintes et allaitantes étant donné que l'homme y est plus vulnérable durant sa phase de développement précoce.

Il n'est pas rare que les gros consommateurs de poisson dépassent la limite maximale hebdomadaire en ce qui concerne certains polluants tels que le méthylmercure ou les dioxines et PCB. Le méthylmercure est particulièrement dangereux pour le système nerveux ainsi que pour le cerveau encore en développement. On le trouve en quantité supérieure dans les poissons se situant au sommet de la chaîne alimentaire.

Les dioxines et PCB perturbent quant à eux les systèmes nerveux, endocrinien et immunitaire. Les effets n'apparaissant que longtemps après l'intoxication, ce qui rend peu visible le lien entre les légers retards intellectuels, la sensibilité anormale aux maladies infectieuses ou le développement de cancers et la consommation de dioxines. Responsables de mutations de l'ADN, elles se transmettent de la mère à l'enfant tant par les transferts avec le fœtus que par le lait maternel. Les poissons gras de la mer de Baltique présentent un taux supérieur de ces toxines.

Manger du poisson deux fois par semaine reste conseillé pour la santé, en raison de ses nombreuses qualités nutritives. Il est cependant indispensable de bien se renseigner sur l'origine du poisson en question ainsi que sur sa place dans la chaîne alimentaire. Eviter les poissons prédateurs tels que le thon ou le brochet ainsi que ceux issus de la pêche dite sportive, bien les cuire et éviter les contaminations par d'autres aliments crus sont autant de petites habitudes à prendre afin de réduire au maximum la dose de contaminant que vous ingérerez lors de votre repas. Sur ce, bon appétit !

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