Salée, la facture de la viande !
Thématique Alimentation         Publié le : 02/11/2010
Catégorie: Article

Serions-nous trop gourmands ? Dans le domaine de la viande, la réponse est oui, sans nul doute. Bœuf, porc, poulet, mouton... : chacun d'entre nous consomme, en moyenne, 100 kilos d'animaux chaque année, ce qui nous propulse avec nos voisins français au troisième rang des amateurs de viande en Europe derrière les Espagnols et les Danois. Il est loin, le temps où la viande était un aliment de luxe réservé aux grandes occasions et aux ménages les plus nantis. L'industrialisation et la mondialisation sont passées par là. Elles permettent aujourd'hui d'élever chez nous d'énormes quantités d'animaux sur des espaces très limités, grâce à de la nourriture importée massivement d'Amérique latine et d'Afrique.

La viande est un aliment de choix pour la santé. Elle contient une panoplie de nutriments indispensables : le fer, le zinc, le sélénium, les vitamines B. La vitamine B12, tout particulièrement, n'est pas très présente dans les aliments d'origine végétale, ce qui doit être gardé en mémoire par les personnes tentées par un régime strictement végétarien. Enfin, beaucoup de viandes contiennent moins de 10 % de matières grasses et constituent une bonne source de protéines au sein d'un régime équilibré.

Mais voilà : notre gourmandise nous perd. Nous consommons trop de viande préparée sous la forme de charcuteries, de viandes en sauce, d'"américains" industriels, de hamburgers et de sandwiches à la salade de viande. Cette consommation importante de graisses saturées augmente le risque de maladies cardio-vasculaires. La viande industrielle, tout particulièrement, est riche en sel (source d'hypertension) et en adjuvants divers censés la rendre plus goûteuse, plus colorée, plus longtemps conservable. On soupçonne aussi fortement la viande d'être à l'origine de cancers du colon et de la prostate, surtout lorsqu'elle est grillée. Le Belge n'est-il pas grand amateur de barbecues... ?

Notre santé n'est pas le seul critère à garder à l'esprit. L'impact de l'élevage constitue trop souvent une calamité pour l'environnement. La concentration d'animaux élevés en batterie, particulièrement les porcs et les volailles, oblige en effet l'éleveur à chauffer et éclairer des installations à grands frais énergétiques, ce qui relâche des gaz à effet de serre en quantité importante dans l'atmosphère. Les aliments pour animaux importés depuis l'autre bout du monde (maïs, soja, etc.) contribuent à la déforestation de régions comme l'Amazonie et sont souvent issus de manipulations génétiques (OGM). En Amérique latine, quelque 70 % des anciennes forêts amazoniennes ont été converties en pâturages. Chez nous, lisiers et fumiers continuent à eutrophiser (étouffer) les rivières et les nappes d'eau, malgré de sérieux efforts des autorités et des éleveurs. Résultat : nous devons payer de plus en plus cher nos stations d'épuration...

Que faire ? Réduire notre consommation de viande. Opter pour des morceaux moins gras et pour des animaux à moindre impact sur l'environnement : la production d'un kilo de bœuf émet, au total, l'équivalent de 15 à 32,2 kg de CO2, pour 4,6 à 6,7 kg dans le cas d'un kilo de poulet. En optant pour des animaux élevés le plus près possible de chez nous et nourris par la production propre de la ferme, on peut encore réduire davantage cet impact sur l'environnement. Les labels apposés sur la viande biologique garantissent le respect de règles très strictes (pas d'OGM, souci du bien-être animal, pas de pesticides, nourriture produite localement à 50 %, etc.). D'autres labels mettent davantage l'accent sur le contrôle de la qualité et la traçabilité dans la chaîne de production, la race (rustique ou non), le type de parcours (extérieur ou non), la présence (souhaitable) d'oméga 3 et 6 (liée au type d'alimentation de l'animal), etc. Pour qui est prêt à s'informer et lire les étiquettes, il y a matière à mille découvertes...

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