Demain, le transport électrique?
Thématique Consommation durable         Publié le : 13/04/2011
Catégorie: Article

Vers le transport durable

Contrairement à la critique qu'on entend souvent, le transport électrique est, dans son ensemble, beaucoup moins polluant que les moyens de transport propulsés par le moteur thermique. Évidemment, l'électricité sur laquelle la voiture fonctionne doit venir de quelque part. Or, quand l'ensemble des éléments est pris en compte, il s'avère que l'environnement en souffre nettement moins. Plusieurs études confirment que la charge environnementale est deux voire trois fois moins lourde qu'avec le moteur à combustion. En effet, les véhicules n'émettent presque rien pendant qu'ils roulent. Et n'oublions pas non plus que l'électricité dont on a besoin pourra également être produite de manière écologique, surtout à long terme. Nous pensons notamment à l'énergie produite par exemple par des panneaux solaires, des éoliennes ou des centrales hydro-électriques.


Toute la connaissance sous le même toit

Cependant, le secteur n'en est encore qu'aux prémisses. Pour promouvoir ce projet, le SPF Économie a organisé la première Belgian Platform on Electric Vehicles (Plate-forme belge sur les véhicules électriques ou Be.eV #1) à Bruxelles le 29 octobre dernier. C'était l'occasion de réunir scientifiques, décideurs politiques et parties prenantes du secteur pour discuter de l'avenir possible des véhicules électriques et échanger des idées. Malheureusement, les grands producteurs automobiles n'étaient pas présents. Le CRIOC a tenu à être présent et se félicite de l'avancée des voitures électriques des voitures et du faible impact qu'elles ont sur l'environnement. C'est avec grand intérêt que le CRIOC suit l'évolution des voitures électriques.

La Belgique se trouve en queue du peloton

Fil rouge dans les discours et discussions : la Belgique reste à la traîne par rapport au reste de l'Europe. Par contre, on a pu remarquer que dans les pays voisins, des projets ambitieux ont été mis sur pied. Pour illustration, la France a prévu un budget de pas moins d'un milliard et demi d'euros pour un projet qui verra le jour en 2020, deux millions de voitures électriques pourront circuler et charger leur batterie à quelque quatre millions de bornes en France. Si on prend un pays d'une taille comparable à la Belgique, les Pays-Bas envisagent un total de dix mille voitures électriques pour 2015 et réservent 65 millions d'euros pour  réaliser cet objectif. En Belgique, de tels projets sont encore en plein développement : nous pensons notamment au terrain d'essai pour voitures électriques de la ministre de l'innovation Ingrid Lieten et au Flanders Drive research & development project, dont le projet vient de démarrer.

La technologie : où en est-on ?

Comme déjà mentionné, le marché est en plein développement. Cette réalité économique est en lien direct avec l'état de la technologie, ces deux éléments s'influençant réciproquement. Si le marché réussit à s'élargir, les moyens nécessaires pour développer les recherches technologiques augmenteront. D'autre part, tout progrès technologique permet de développer les ventes sur le marché.

Malgré le fait qu'il reste encore beaucoup d'améliorations technologiques, la première chose qui vient à l'esprit quand on pense aux éventuels problèmes qui peuvent se poser pour le transport électrique, c'est l'autonomie de la voiture. Il convient de nuancer les choses. Il est vrai que les véhicules électriques actuels ont rarement une autonomie qui dépasse les cent kilomètres. Pour toute personne qui envisage un long trajet, il y a par conséquent un risque de tomber en panne d'électricité en cours de route, qui du coup a un impact sur notre sentiment de liberté. On ne peut plus dès lors décider : où va-t-on ? Quand part-on ? Avec une voiture électrique, cette possibilité semble encore exclue pour le moment.


Ne cherchons pas la solution trop loin

Si nous regardons la situation de manière réaliste, nous remarquerons cependant que le problème de l'autonomie n'est pas si grave que ça. Des études démontrent en effet que pas moins de 95 voire 99% des trajets en voitures ne dépassent pas les cent kilomètres. Trois voitures sur dix ne parcourent même jamais une tellement distance. Ne serait-il pas dommage, alors, de faire une croix sur le transport électrique en nous basant uniquement sur ces très rares occasions où nous faisons vraiment de longs trajets ?

D'ailleurs, il existe déjà des solutions pour de tels déplacements. Effectivement, le véhicule électrique pour faire d'énormes distances existe déjà, il s'agit du train.  Par ailleurs, des recherches consacrées à l'introduction de voitures hybrides ou louables pour les longues distances sont en développement.


Notre position

Le CRIOC soutient le projet des "transports électriques". C'est en effet une manière de se déplacer qui est écologiquement et économiquement responsable, facile à utiliser et efficace. Des grands pas en avant restent cependant encore à faire avant que le marché puisse vraiment démarrer. La chose la plus importante est que le consommateur soit bien informé. Il existe toujours trop de préjugés concernant les véhicules électriques qui pourraient faire obstruction à leurs évolutions. Le CRIOC tient à apporter sa pierre à l'édifice en coopérant à l'élaboration du projet "moteur électrique", et se réjouit à la deuxième édition de la Plate-forme belge sur les véhicules électriques.

Mais plus d'initiatives de la part des autorités publiques s'imposent également, et d'urgence, afin de pouvoir avancer en la matière.

Le progrès n'est jamais uniquement une question de technologie. À de multiples reprises, l'histoire a montré qu'une technologie mise au point ne suffit pas du tout pour garantir le succès. La situation socio-économique doit être propice de sorte que la technologie puisse se développer au coeur de la société. Le CRIOC recommande à toutes les instances compétentes de prendre à coeur cette réflexion.

Car se concentrer uniquement sur l'économie et la technologie, en stimulant le marché et en faisant de la recherche, ne suffit pas. Les consommateurs devraient être activement impliqués dans le processus afin de s'habituer à cette nouvelle forme de transport plein de promesses. L'offre est actuellement encore trop limitée, mais cela peut rapidement changer si les producteurs se rendent compte qu'il existe une demande substantielle.


Sources utilisées: Scorebord van België. – J. Van Mierlo, Vrije Universiteit Brussel

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