Malgré leurs avantages, les produits d'entretien ménager peuvent mener leur utilisateur à des pièges redoutables pour la santé et l'environnement. Mieux vaut y avoir recours dans des conditions extrêmes de prudence. Voire, si possible, s'en passer complètement. C'est fou ce que la vie est dangereuse. A en croire les fabricants de produits d'entretien, une armée de microbes redoutables ne demande qu'à se reproduire dans les recoins de nos habitations et à envahir nos tables de cuisine, nos meubles, nos cuvettes de WC, nos revêtements de sol, etc. La moindre miette, la moindre poussière ne seraient qu'un nid à germes pathogènes prêts à nous faire contracter quantité de maladies pernicieuses. Pour endiguer ce flot d'envahisseurs invisibles, rien de tel que le recours aux produits dégraisseurs, nettoyeurs, désodoriseurs, purificateurs désinfecteurs, déboucheurs, et autres "décalcarisateurs » vantés par le commerce. De nos jours, chaque ménage belge utilise plus de 12 litres de produits de nettoyage par an, en moyenne, pour récurer son habitation. Une paille ! Soyons de bon compte. Tant à la maison que dans les lieux publics, l'amélioration de l'hygiène est probablement l'un des grands acquis du progrès de ces dernières décennies. Mais, à force de confort et de facilité, ne sommes-nous pas allés un pas trop loin ? Même s'ils n'en constituent qu'une petite partie (3 %), les produits de nettoyage domestique et leurs emballages font partie des produits dangereux. Or ces derniers sont fabriqués à partir de molécules de synthèse - chaque homme entrerait en contact, tout au long de sa vie, avec 70 000 types de molécules artificielles - dont les effets à long terme sur la santé restent difficiles à évaluer. La plupart des évaluations toxicologiques, en effet, ne portent que sur une substance isolée et ne permettent pas d'évaluer les risques de l'exposition à un mélange de substances et de produits.
Mieux connus, les effets directs sur la santé ne doivent pas être sous-estimés par les consommateurs. Ainsi, au Centre Anti-poisons, les produits ménagers sont à l'origine d'un appel sur trois liés à une intoxication. Le plus souvent à notre insu, nos domiciles recèlent de véritables petites bombes pour notre santé mais aussi pour notre environnement. Un exemple ? L'hydroxyde de sodium, souvent présent dans les déboucheurs et les nettoyants pour fours, est un produit particulièrement corrosif et agressif, susceptible de causer des brûlures et de graves lésions aux yeux. Autre illustration : lorsque de l'eau de Javel est mélangée à des produits aussi courants qu'un nettoyant pour WC ou un détartrant, un nuage de gaz chloré – toxique ! – peut se dégager et mener à des irritations respiratoires menant à la mort dans les cas extrêmes. Le Centre Anti-poisons enregistre, à lui seul, près de mille cas annuels d'intoxication à l'eau de Javel…
Pour toutes ces raisons, il est nécessaire de mieux connaître les produits d'entretien ménager usuels. Il faut également prendre avec des pincettes les messages commerciaux qui vantent leurs charmes, les utiliser avec parcimonie voire, chaque fois que possible, s'en passer purement et simplement. A cette fin, les experts du Centre de recherche et d'information des organisations de consommateurs (Crioc) et de l'Observatoire bruxellois du développement durable ont passé au crible cinq catégories de produits d'entretien ménager parmi les plus utilisés dans les ménages : l'eau de Javel et les produits désinfectants qui en contiennent (produits "hygiènisants »), les nettoyants pour four, les détartrants, les déboucheurs et les encaustiques (nettoyants pour meubles en bois). Pour chaque catégorie, ils ont analysé la composition du produit, son efficacité, son étiquetage (respecte-t-il la réglementation ?) et son prix. Au final, pas mal de découvertes et d'enseignements très concrets pour le consommateur.
Source: Nettoyants multi-usages et nettoyants pour sanitaires, Etude de l'Observatoire Bruxellois de la Consommation Durable. |