En été, elles rafraîchissent agréablement les gosiers. Mais, année après année, elles font surchauffer le climat. Analysés à la loupe, les limonades, sodas et autres tonics ou thés glacés ont un impact étonnement négatif sur notre cadre de vie. Quant à notre santé… Chaque jour, près de 240 millions de litres de Coca-cola sont bus à travers le monde. Si l'on rapporte cet énorme "lac" de cola à la quantité de gaz à effet de serre émise par la fabrication du célèbre soda, on arrive au total de 14 000 tonnes de CO2 par jour, soit 5 millions de tonnes annuelles: davantage que la pollution annuelle engendré par la Région bruxelloise ! Plus encore que la production du liquide noir à bulles, ce sont sa distribution et sa réfrigération qui consomment de l'énergie. Et qui, de ce fait, polluent le plus. Rien qu'en Belgique, Coca-cola possède 67 342 armoires réfrigérantes, installations à pression et distributeurs automatiques. Ces machines utilisent divers gaz réfrigérants, parmi lesquels les hydrofluorocarbures (HFC) qui ont un pouvoir de réchauffement jusqu'à 1300 fois supérieur à celui du CO2… Haro général sur la Coca cola Company ? Allons donc ! La célèbre compagnie, critiquable à bien des égards, offre au moins l'avantage de publier un rapport environnemental plus complet que la plupart de ses concurrents. Ceux-ci, en effet, restent particulièrement discrets sur leur impact environnemental, de même que sur les montants publicitaires –que l'on devine pourtant colossaux – investis dans la promotion des boissons rafraîchissantes: limonades, sodas, bitters, colas, etc. Ce marché, en tout cas, se porte bien. Il a doublé en vingt-cinq ans, jouant sur la multiplication sans fin des formats et des goûts, au point que le placement des marchandises dans les rayons des grands magasins pose des problèmes d'espace de plus en plus cornéliens. Il y a trois ans, le Crioc s'est penché en détail sur l'extrême diversité de bouteilles de boissons pétillantes de type "soda", allant jusqu'à estimer le poids du bouchon en rapport avec la quantité de liquide présent dans la bouteille ou la canette. Le résultat est édifiant: la production de déchets peut être 430 fois plus élevée lorsqu'on achète une bouteille de 0,25 litre que celle d'une bouteille de 2 litres ! Si acheter "grand format" peut paraître une solution rationnelle en matière de déchets, il en va autrement si on raisonne en termes de santé. Les boissons rafraîchissantes ne sont que très rarement intéressantes sur le plan nutritionnel. Variantes "light" mises à part, les limonades, par exemple, contiennent en général 4 à 5 sucres par verre. Certaines, comme le Fanta Lemon, sont même plus sucrées que le Coca-Cola normal. Les multinationales de l'alimentation ont bataillé ferme pour ne pas être tenues d'apposer un étiquetage nutritionnel sur leurs boissons, comme c'est le cas pour les produits mettant en avant des allégations de santé. Il faut dire que les boissons rafraîchissantes contribuent largement au développement des caries (1) et à l'obésité. Même les boissons "light", qui incorporent de la saccharine, de l'aspartame ou d'autres édulcorants pour remplacer le sucre posent des problèmes : non pas tellement le fait de favoriser les cancers ou les allergies (les accusations de ce type n'ont jamais été validées scientifiquement), mais bien le fait – c'est une sérieuse suspicion scientifique à ce stade – de fragiliser les os et de favoriser l'ostéoporose. Une chose est sûre: sans le sucre ou son substitut, l'acidité des boissons rafraîchissantes serait comparable à celle du vinaigre ou du jus de citron. Bon appétit… (1) Plus encore que les aliments solides, les boissons sucrées constituent la hantise des dentistes. Il est vivement conseillé de ne pas brosser ses dents dans l'heure qui suit leur consommation. En effet, la haute teneur en acides (phosphoriques et citriques) contribue à amollir temporairement l'émail.
Source: Vive l'été, sans boisson sucrée, Etude de l'Observatoire Bruxellois de la Consommation Durable. |