Les ados belges font partie des champions européens de la consommation de boissons rafraîchissantes. Pour leur santé, ce n'est vraiment pas un cadeau ! Et si on en revenait au bon vieux sirop, pour limiter les dégâts physiques et environnementaux des sodas et autres thés glacés ? La Belgique n'est pas seulement le pays de la bière et du chocolat. Elle est aussi la patrie de la limonade. Beaucoup moins connue, cette particularité nationale trouve sa confirmation dans les chiffres. Avec plus de 120 litres par personne et par an, le Belge se situe parmi les plus gros buveurs de boissons sucrées de cette partie de l'Europe. Il en consomme trois fois plus, par exemple, que le Français ou l'Italien moyen. Inquiétant ? Oui, parce que ce besoin croissant de sodas, limonades, tonics et autres boissons dites "rafraîchissantes" a toutes les apparences d'une tendance lourde. Rien ne semble pouvoir l'arrêter et elle pose autant de problèmes liés à la santé publique qu'à l'environnement. En vingt-cinq ans, le marché des boissons rafraîchissantes a plus que doublé. Certes, celui des eaux en bouteille a fait mieux encore, passant du simple au triple. Mais l'analyse des chiffres trahit une tendance préoccupante pour une tranche d'âge bien précise : les jeunes. La tranche d'âge des 15-18 ans, tout particulièrement, boit beaucoup trop peu en général : 0,73 litre par jour, alors que la quantité recommandée pour avoir une santé équilibrée tourne autour d'un litre et demi. De plus, boudant la consommation d'eau de table, les 15-18 boivent quasiment un demi-litre de limonade par jour, soit deux fois plus que la moyenne de la population belge. Toutes les boissons sucrées ne sont pas nécessairement des limonades, mais celles-ci, très largement adoptées par les jeunes, contiennent en moyenne 6 morceaux de sucre par cannette ! C'est la voie royale vers la carie dentaire et, surtout, l'obésité. De plus, à long terme, si l'on admet que le besoin de sucre ainsi créé pendant l'enfance et l'adolescence se maintient pendant l'âge adulte, le diabète a de beaux jours devant lui... Certes, l'aspartame et les édulcorants synthétiques réduisent drastiquement les calories absorbées. Mais ce type de substitut au sucre -le "light"- n'empêche pas la plupart des boissons rafraîchissantes de présenter, globalement, un intérêt nutritionnel proche de zéro. Si l'impact sur la santé de ce type de boisson est loin d'être négligeable, l'environnement paie, lui aussi, un lourd tribut au besoin de sucre dans les palais. A l'échelle de la planète, les 500 milliards ( !) de litres de limonade produits chaque année exigent une surface agricole de 37 000 kilomètres carrés (un peu plus que la superficie de la Belgique) exclusivement consacrée à la culture de la betterave, de la canne ou du maïs : trois types de plantes extrêmement exigeantes en eau et/ou en pesticides. Autre constat : même si les producteurs ont fait d'importants progrès pour réduire le poids de leurs emballages de boisson (qui contribuent aux émissions de gaz à effet de serre), la tendance est à l'augmentation très nette des petits conditionnements. Ainsi, le nombre de petites bouteilles en PET (polyéthylène téréphtalate) a doublé en cinq ans. Quant au verre, dont le taux de recyclage est meilleur que le PET ou le carton à boisson, il perd nettement du terrain dans les rayons. Enfin, n'oublions pas que certaines multinationales bien connues dans le monde du cola se sont illustrées par une exploitation sans vergogne des ressources en eau dans des pays éloignés (en Inde, par exemple), où les droits des populations locales et des ouvriers sont loin d'être respectés. Quant aux pratiques publicitaires, il est clair que ceux qui tentent de promouvoir l'éducation à la santé, en Belgique et ailleurs, ne luttent pas à armes égales avec le rouleau compresseur du marketing international des grandes boissons au cola ou au parfum de fruit. Que l'on songe simplement, ici, aux distributeurs automatiques installés dans les écoles : ils rapportent, estime le Crioc, plusieurs milliers d'euros par an à une école de plus de 1000 élèves ! Et si l'on en revenait au simple sirop qui, mélangé à l'eau de distribution, consomme infiniment moins de ressources naturelles ?
Source: Vive l'été, sans boisson sucrée, Etude de l'Observatoire Bruxellois de la Consommation Durable. |