Le bruit: origine, conséquences sur la santé et prévention au quotidien
Thématique Consommation durable         Publié le : 30/04/2010
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Les sources de bruit

A en croire le sentiment de calme que vous pouvez ressentir loin du monde, en montagne par exemple, le silence est un luxe. Les sources de bruit sont omniprésentes, en voici un bref aperçu.

  • Les bruits domestiques: les personnes, appareils audio + téléviseurs, électroménagers, instruments de musique, équipements sanitaires, installations de chauffage, équipements de ventilation, ascenseurs. On peut y ajouter également les nuisances sonores provenant du voisinage.
  • Transports: voitures, motos et scooters, trains, trams, avions, camions, klaxons.
  • Travail: air-conditionné, chaine de production, photocopieuses, musique de fond.
  • Lieux publics (fermés, ouverts): grands magasins, cantines, stades, salles de sport.
  • L'ensemble des amplifications: Ecouteurs de musique, cinémas, discothèques, concerts.

L'échelle du bruit

L’échelle du bruit, exprimée en décibels (dB) s’étend de 0 dB (seuil d’audibilité) à 120 dB (seuil de la douleur). La plupart des sons de la vie courante sont compris entre 30 et 90 décibels. On trouve des niveaux supérieurs à 90 dB essentiellement dans la vie professionnelle (industrie, armée, artisanat…) et dans certaines activités de loisirs (chasse, musique, sports mécaniques). Les discothèques et salles de concert ont, quant à elles, un niveau sonore maximal autorisé de 90 dB. Certaines sources (avions, fusées, canons) émettent des niveaux supérieurs à 130 dB et pouvant aller jusqu’à  200 dB.

L'échelle du bruit en quelques exemples:

  • 30 dB : conversation à voix basse
  • 40 dB : réfrigérateur
  • 50 dB : pluie
  • 55 dB : lave-linge
  • 60 dB : conversation normale
  • 65 dB : téléviseur
  • 70 dB : sonnerie de téléphone
  • 75 dB : aspirateur
  • 80 dB : automobile
  • 85 dB : aboiement
  • 90 dB : tondeuse à gazon
  • 95 dB : klaxon 
  • 100 dB : chaîne hi-fi dans local fermé
  • 105 dB : concert, discothèque
  • 130 dB : course automobile
  • 140 dB : avion au décollage

Confort, inconfort et danger

Le danger d'une exposition au bruit dépend de deux facteurs :

  • le niveau sonore
  • la durée d'exposition

La durée maximale d'exposition tolérable par jour descend de manière vertigineuse lorsqu'on augmente le niveau sonore: elle ne doit pas dépasser 8 heures à 85 dB, 2 heures à 90 dB, 15 minutes à 100dB, et 7 secondes à 120 dB. Plus l'intensité et la durée d'exposition sont élevées, plus le risque de lésion de l'audition augmente.

Le son commence à être pénible à partir de 75 dB et il est dangereux à partir de 85 dB. Or, la douleur auditive n'apparaît qu'à 120 dB : de 85 à 120 dB, l'oreille est donc menacée de lésions irréversibles sans que l'on puisse s'en apercevoir!

Les risques associés au bruit

Loin de se limiter aux pertes auditives, les effets néfastes du bruit sont souvent mal connus et peuvent être confondus avec d'autres:

  • Lésions physiques: On parle ici de perte auditive (définitive), de fatigue auditive (temporaire), d'atteinte de la sélectivité des fréquences (mauvaise compréhension dans les milieux bruyants), de traumatisme acoustique (par exemple la rupture du tympan) et des acouphènes.
  • Effets biologiques extra-auditifs, c'est à dire la réaction de l'organisme à la suite de l'agression par le bruit: La perturbation du sommeil (qualité, durée) par les bruits a de multiples conséquences sur la santé. On parle également d'effets sur les systèmes cardio-vasculaire, respiratoire, digestif et immunitaire. La réaction du corps au bruit entraine également une modification de la sécrétion de l'hormone du stress.
  • Changements du comportement: Le bruit est considéré comme un catalyseur de l'agressivité, du nombre de conflits et de l'anxiété. Il aggrave également  les situations de dépression.
  • Effets subjectifs: Le bruit semble affecter les tâches complexes qui requièrent une attention régulière. Par effet de masque (un son masquant un autre) il nuit à la qualité des communications orales telles que les conversations et l'écoute de la télévision.

La législation en matière de bruit

On peut résumer comme suit l'état de la législation centrale en la matière.
Tout d'abord, au niveau européen, plusieurs normes ont été adoptées. On peut ainsi citer la directive 2002/49 relative à l'évaluation et à la gestion du bruit dans l'environnement. Et actuellement, des travaux sont en cours au sujet des lecteurs mp3 (baladeurs musicaux), afin de limiter leur niveau sonore maximum entre 80 et 89 décibels (le seuil est aujourd'hui de 100 décibels). Le résultat est attendu dans les prochains mois. Il faudra ainsi voir quel type de règlementation en découle: un règlement directement applicable, ou une directive qui doit être transposée par tous les Etats membres.

Ensuite, à l'échelon de notre pays, il faut principalement tenir compte de la loi du 18 juillet 1973 relative à la lutte contre le bruit. Celle-ci habilite le Roi ainsi que les gouvernements régionaux, à prendre des mesures relatives au bruit. La matière est donc régionalisée: les différentes régions ont donc leur propre réglementation à ce sujet. Par exemple, il existe un arrêté royal du 24 février 1977 qui fixe les normes acoustiques pour la musique dans les établissements publics et privés, mais les régions ont pu s'en écarter. De même, la directive susmentionnée relative à l'évaluation et à la gestion du bruit dans l'environnement a fait l'objet d'une transposition différente selon la Région.

Les actions mises en place à l'échelon belge

En Région bruxelloise, L'IBGE a élaboré en 2000 un "Plan de lutte contre le bruit en milieu urbain" (encore appelé "Plan Bruit "). Plus d'information sur le site de Bruxelles Environnement.Le département environnement, nature et énergie de la région flamande met en œuvre une série d'actions qui visent à transposer la directive européenne en matière de bruit. Un aperçu des projets est accessible sur leur site internet.
En région wallonne, le travail de la fédération inter-environnement Wallonie en 2010 se déclinera en deux axes:

  • L'alimentation du portail www.sante-environnement.be avec des articles spécifiques à l'évolution du contexte législatif et scientifique du bruit.
  • La publication d'un vade-mecum "impacts sanitaires du bruit lié au transport routier, aérien et ferroviaire" d'ici le mois de mars.

Comment agir au quotidien

L'Université de Liège propose sur son site internet une série de précautions faciles à mettre en place pour diminuer son exposition au bruit. En voici quelques exemples:

  • Réservez des pièces spéciales pour les activités bruyantes et d'autres pour les activités qui le sont moins : vous disposerez dans ces dernières d'un endroit où vous ressourcer et où reposer vos oreilles.
  • Dans le cadre du travail, les machines bruyantes (imprimantes, photocopieuses, machine à café...) pourraient également être regroupées dans une pièce à l'écart.
  • Les matériaux durs produisent davantage de bruit que les matériaux doux : des pastilles en feutre peuvent être placées sous les pieds des chaises et des tables pour diminuer le bruit.
  • Les rideaux et tentures ont un effet absorbant sur le bruit, de même que les moquettes et les revêtements de sol en vinyle ou linoléum.
  • Les gros appareils ménagers peuvent être équipés d'amortisseurs de vibrations (silencieux) et les petits appareils placés sur des feuilles de mousse.
  • En moto, porter un bon casque qui protège efficacement du bruit. 48% des motards souffrent de problèmes auditifs.
  • Limiter le volume et le temps d'écoute des baladeurs.
  • Lors d'un concert ou d'une soirée: ne pas se placer trop près de la source sonore, utiliser des protections efficaces, se retirer plus au calme 10 minutes, par exemple toutes les ¾ heures pour se reposer les oreilles, et être attentifs aux signaux d'alerte (retrait impératif).

En cas de traumatisme auditif

Si après une lourde décharge sonore votre ouïe n'est pas redevenue normale au bout de quelques heures, consultez rapidement un ORL. Il existe des traitements médicamenteux qui peuvent avoir une certaine efficacité s'ils sont pris très rapidement, dans les 24 heures. Commencés au-delà d'un mois après le traumatisme, ils sont totalement inefficaces.

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