Autant d'emballages, pourquoi ?
Thématique Emballage         Publié le : 13/03/2006
Catégorie: Article

Emballages : utilité et séduction.

C'est en Angleterre, en 1746, qu'est apparu le premier produit emballé. Une innovation dont le succès n'allait pas se démentir. Aujourd'hui, la plupart des produits sont vendus emballés et même pré-emballés. Qu'il soit en carton, en plastique ou en métal, l'emballage assure des fonctions essentielles de protection vis-à-vis de la qualité et de l'intégrité du produit, tout au long de son cycle de vie. Il porte aussi l'étiquetage qui doit assurer la bonne information du consommateur. Mais l'emballage a également une fonction de marketing de plus en plus marquée. Il doit séduire l'acheteur potentiel, le rassurer, l'informer, en quelques fractions de secondes. Pour les achats d'impulsion, ceux que l'on fait sans intention préalable, c'est un facteur prépondérant. Comme ces choix peuvent constituer 70% des choix de consommation, on mesure l'importance de la fonction de communication de l'emballage. Le Belge dépenserait en emballages près de 250 Euros par an. Dans le secteur alimentaire, l'emballage représenterait, en moyenne, 20% du coût du produit fini.

Toujours plus d'emballages, pourquoi ?

Malgré les nombreuses mesures prises par les pouvoirs publics et les efforts des industriels, la quantité d'emballages consommés ne cesse d'augmenter. Chaque année, 450 milliards d'emballages sont mis sur le marché européen. En Belgique, on estime la quantité annuelle d'emballages ménagers à usage unique à plus de 21 milliards d'unités.

Pourquoi une telle abondance ?

D'abord parce que nous consommons toujours davantage. Jamais comme aujourd'hui nous n'avons été incités à acheter. Nous passons beaucoup de temps libre à flâner dans les shopping centers. Via Internet, la télévision, le téléphone, les catalogues distribués dans les boîtes aux lettres, nous pouvons acquérir n'importe quoi, à toute heure du jour et de la nuit, partout dans le monde. D'autant que l'on nous offre plus de facilités de paiement et de crédit. Peut-être résisterions-nous à ces tentations si nous n'étions pas confrontés à une publicité omniprésente.

Ensuite parce que les évolutions des structures familiales et commerciales ont accru la demande pour des produits plus emballés. Par exemple, la vente en libre service ne peut s'envisager qu'au travers d'un système de présentation et de protection des produits. La vente par correspondance, qui connaît un formidable essor avec Internet, exige des emballages plus résistants car le produit est livré via des courriers et moyens de transport souvent brutaux.

Le travail des deux conjoints, les repas pris à l'extérieur, l'individualisation des repas des différentes personnes d'un même ménage se traduisent, dans les magasins, par des denrées alimentaires plus préparées, prêtes à être consommées et par la multiplication d'emballages de petite contenance. Le vieillissement de la population et l'augmentation du nombre de personnes vivant seules augmentent encore cette tendance. Or les personnes vivant seules consomment nettement plus d'emballages que les ménages de 3 à 4 personnes et à fortiori que les collectivités.

Des déchets nombreux et coûteux

En 30 ans, le volume des déchets d'emballage a été multiplié par 5, voire par 50 pour certains matériaux comme le plastique. L'apparition des emballages en PVC (polychlorure de vinyle), dans les années 70 a inauguré la voie du One Way (jetable après un seul usage), ce qui est le cas de la majorité des emballages actuels. Les déchets d'emballage ont pris une telle ampleur, que les pouvoirs publics ont adopté un ensemble de mesures qui visent à les réduire et à mieux les gérer. Au niveau européen, la directive 94/62/CE instaure le principe de la prévention et impose que les emballages répondent à des " exigences essentielles ". Elle fixe également des objectifs en matière de réutilisation et de recyclage. En Belgique, cette volonté s'est concrétisée en 1997 par la signature d'un Accord de Coopération Interrégional qui définit certaines obligations : obligation de reprise des déchets d'emballage pour les valoriser (réutiliser, recycler,...), obligation d'information sur les quantités et qualités des emballages mis sur le marché, obligation d'élaborer un plan de prévention visant à réduire la quantité et la nocivité des emballages.

Ces obligations sont à charge des responsables de la mise sur le marché de produits emballés. Ils peuvent y répondre eux-mêmes ou en confier l'exécution à un organisme agréé, Fost Plus. Pour le public, ces mesures se traduisent par l'invitation (dans certaines communes, c'est une obligation) à trier ses déchets et les remettre à une collecte sélective.

Avec plus ou moins de facilité et de bonne volonté, les citoyens se sont mis à l'ouvrage.

Même si le recyclage permet de limiter les quantités de déchets qui aboutissent en décharge ou à l'incinérateur et d'économiser les ressources naturelles, cette option a un coût pour l'environnement et la société. Selon les matières, le coût moyen du traitement des déchets ménagers se situe entre 50 et 175 Euros la tonne. Il arrive aussi que l'option " tri/recyclage/valorisation " s'exerce à l'encontre d'une vraie prévention qui vise à éviter la formation de déchets.

Le meilleur déchet est celui qu'on évite !

En matière de prévention, tous les acteurs peuvent agir, en concertation. Les exemples montrent que plus l'action de prévention intervient en amont, dans la conception du produit ou la modification de l'opération de conditionnement, plus elle provoque de réactions bénéfiques en chaîne. Les producteurs, les distributeurs ont donc une responsabilité fondamentale mais les consommateurs ont également un rôle à jouer. Pour eux, la prévention consiste à diminuer l'achat et l'utilisation d'emballages. On peut trouver la plupart des produits dans des emballages minimisant les déchets, voire sans emballage. Mais c'est également en conservant et en utilisant plus rationnellement les produits que l'on peut éviter les gaspillages et les déchets.

Quelques conseils pour éviter les déchets

  • Adapter les quantités achetées aux besoins de la famille : achat de denrées en vrac ou à la découpe, grands conditionnements pour les denrées non périssables.
  • Privilégier les produits non emballés, les produits concentrés (détergents divers), les éco-recharges (adoucissant, gel douche).
  • Préférer les emballages réutilisables consignés (boissons), les emballages intégrant des matériaux recyclés.
  • Eviter le suremballage.
  • Privilégier les emballages monomatière repris par les collectes sélectives.
  • Eviter le gaspillage : faire une liste de courses pour ne pas se laisser tenter, planifier ses repas et tenir compte des dates de péremption indiquées sur l'étiquette, respecter les consignes de conservation et les consignes de dosage.
  • Trier les déchets et participer aux collectes sélectives.

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