Certaines enquêtes montrent que les denrées alimentaires biologiques coûtent 30 à 50% plus cher que les denrées non biologiques. Ce prix plus élevé est une des principales raisons avancées par les consommateurs qui n'achètent pas de produits bio.
En réalité, cette différence de prix est une moyenne qui cache des variations existant entre les produits et les lieux de vente. Ainsi l'enquête que l'Observatoire Bruxellois de la Consommation durable, effectuée en novembre 2006, montre que dans certains cas il n'existe pas de différence de prix. C'est le cas pour certains fruits et légumes, pour le vin et également pour les plats servis dans les restaurants.
Néanmoins, il est vrai que le prix des aliments biologiques reste souvent plus élevé que celui des aliments conventionnels. Pourquoi? Dans la plupart des cas, cette différence de prix s'explique par une production à plus petite échelle, mettant en oeuvre plus de main d'oeuvre et utilisant des méthodes moins intensives. Une partie de cette différence de prix s'explique aussi par la structure de la distribution
Fruits et légumes
L'horticulture biologique n'utilise pas d'engrais chimiques. Cela constitue un avantage environnemental car on évite ainsi la consommation de matières premières d'origine pétrochimique. Les pratiques raisonnées en matière d'engraissement limitent la contamination des terres et des nappes phréatiques. Mais, en utilisant des engrais naturels, la récolte est souvent moins importante que dans l'agriculture traditionnelle.
Pour la lutte contre les ravageurs, l'agriculture biologique n'utilise que les substances d'origine naturelle, autorisées par la réglementation relative à l'agriculture biologique. Ces pratiques bénéficient à l'environnement et à la santé des consommateurs puisque aucun résidu de pesticide ne se retrouve ni dans les sols ni sur les aliments. Les méthodes de lutte utilisées en agriculture biologique, qui font largement appel à la main d'oeuvre, sont donc souvent plus coûteuses que les méthodes traditionnelles. Parfois, la lutte contre un ravageur agressif est difficile et entraîne des pertes de récolte. Un facteur qui augmente les prix.
L'interdiction pour l'agriculteur biologique d'utiliser des fongicides, l'oblige à semer ses cultures avec plus d'écart que dans l'agriculture traditionnelle. Cela diminue la récolte par hectare, mais évite que des résidus de produits nocifs contaminent l'environnement.
Au total, l'horticulteur biologique récolte environ 20% en moins qu'un horticulteur traditionnel. En plus, il a souvent des problèmes avec la distribution. Étant donné que le marché biologique est plus petit, les frais de distribution sont relativement plus élevés.
La viande et le lait
En ce qui concerne le lait biologique, la hausse de prix s'explique aussi par des facteurs de production et de distribution. Les vaches reçoivent plus de nourriture naturelle et moins de médicaments vétérinaires préventifs: une vache biologique produit moins de lait (6.000 à 7.000 l) qu'une vache non biologique (10.000 l). A cela s'ajoute que la collecte du lait biologiques se révèle jusqu'à 3 fois plus chère parce que les quantités à collecter séparément sont plus faibles et plus dispersées.
Les producteurs de viande biologique favorisent la qualité plutôt que la quantité: le bien-être animal est assuré en prévoyant l'espace nécessaire pour permettre aux animaux de bouger librement. Et l'espace coûte cher. En outre, les races utilisées ont une croissance plus lente. La nourriture est essentiellement d'origine naturelle et comprend moins de fourrages concentrés. Par conséquent, le temps nécessaire à la production est plus long. Pour le consommateur, ces conditions d'élevage garantissent une viande ferme et de goût.
Prix des aliments conventionnels?
Le fait que l'agriculture biologique coûte plus cher que l'agriculture traditionnelle peut donc s'expliquer et se justifier. C'est une méthode plus respectueuse de l'environnement, qui prête plus d'attention au bien-être des animaux et fournit des produits de haute qualité (sans pesticides).
Mais le vrai problème ne se situe-t-il pas plutôt au niveau de la baisse des prix des aliments traditionnels? En 1950, les ménages consacraient encore près de 50% de leur budget à leur alimentation. Aujourd'hui, cette part oscille aux environs des 15%. Nous ne mangeons pas moins, nous ne sommes pas devenus très riches mais les aliments sont très bon marché.
En 1960, une personne devait travailler pendant 2 heures pour pouvoir acheter un poulet à rôtir, tandis qu'en 1994 il ne fallait plus travailler que 14 minutes. Les denrées alimentaires sont donc devenues moins chères, mais les pressions exercées sur l'environnement et sur le bien-être animal se sont accentuées pendant cette même période.
Le coût de celles-ci est assumé par la société et n'est pas intégré dans le prix des denrées alimentaires.
Conclusions
Les produits biologiques sont en moyenne plus chers que les produits conventionnels. Cela s'explique par des méthodes de production plus respectueuses de l'environnement et du bien-être animal et une production à plus petite échelle, nécessitant plus de main d'oeuvre. Mais, le succès des produits biologiques auprès es consommateurs s'accroît et la différence de prix tend à diminuer. On trouve aujourd'hui certains aliments biologiques au même prix que des aliments conventionnels.
Globalement, un ménage de 4 personnes dépenserait environ 50€ en plus (par mois.) s'il passait à la consommation de produits biologiques.
Mais ce prix plus élevé peut ne pas avoir de répercussion sur le budget familial consacré à l'alimentation. En effet, les témoignages de consommateurs et de restaurateurs l'indiquent: passer du conventionnel au biologique s'accompagne souvent d'une modification des habitudes alimentaires: un régime "biologique" comportant moins de viande, plus riche en fruits et légumes, évitant les sodas sucrés et les encas gras et sucrés coûte moins cher et est nettement plus sain.
Du fait du goût et de la fermeté des aliments biologiques, il faut également souvent consommer des quantités moindres pour confectionner un repas et être rassasié.
| Pris produit par kg |
Prix bio (supermarché) |
Prix bio (magasin bio) |
Prix non-bio |
| Poulet entier |
7.95€ |
Pas d'information |
3.09-6.79€ |
| Fromage Gouda |
9.7-10.9€ |
9.42-13.82€ |
3.47-9.97€ |
| Paté |
9.72€ |
11.65-16.14€ |
5.24-23.52€ |
| Yaourt (nature) |
2.58-2.72€ |
2.76-4.70€ |
1.42-3.21€ |
| Yaourt (fruits) |
3.98-4.6€ |
3.33€ |
2.17-4.4€ |
| Café |
8.76-11€ |
9.96-14.36€ |
6.18-8.6€ |
| Vin |
3.36-20.47€ |
9.96-14.36€ |
Variable |
| Pommes |
1.99-3.19€ |
1.79-3.14€ |
0.89-2.49€ |
| Champignons (250g) |
1.79-199€ |
1.73-1.89€ |
1.09€ |
Références
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