Impacts environnementaux des choix alimentaires
Thématique Alimentation         Publié le : 16/06/2006
Catégorie: Article

Evolution des modes alimentaires

En Europe, la quantité de nourriture que nous consommons n'a pas beaucoup augmenté au cours des dernières décennies: 735 kg par personne en 1970 à environ 770 kg en 2000 (ce qui représente une augmentation de 5%). Mais il y a eu de profonds changements dans la composition des régimes alimentaires ainsi que dans les modes de production et de distribution.

Nos habitudes alimentaires exercent des pressions environnementales significatives, le plus souvent indirectement au niveau de la production agricole, de la transformation et du transport des aliments que nous consommons. Toutes les étapes de la production agricoles jusqu'à la consommation et la production de déchets génèrent des pressions environnementales. Les impacts environnementaux directs de la consommation d'aliments et de boissons (déplacements jusqu'au magasin, conservation, cuisson et production de déchets) sont moins importants que les impacts indirects mais ils sont en augmentation.

Les choix alimentaires que font les consommateurs peuvent influencer significativement l'utilisation des ressources et les impacts environnementaux de la production et de la distribution. Par exemple, ils peuvent choisir de consommer des aliments issus de l'agriculture biologique, adopter un régime comportant moins de viande, choisir des fruits et légumes locaux de saison.

Principaux facteurs influençant les choix alimentaires

La demande des consommateurs pour différents produits alimentaires est influencée par la croissance des revenus, les changements socio-démographiques et dans les styles de vie.

Le revenu est un des facteurs principaux qui affecte les modes de consommation alimentaire. Les revenus des européens ont augmenté davantage que les prix des denrées alimentaires (dans certains cas même, les prix des denrées alimentaires ont diminué, en partie du fait des subsides agricoles). Les consommateurs devenant plus riche, le besoin d'une alimentation équilibrée est rencontré, et dès lors ils ont tendance à demander plus de produits de qualité (aliment de luxe, aliment biologique, plat préparé). La part des dépenses ménagères consacrées a l'alimentation a décru fortement avec l'augmentation des revenus. En Europe, cette part varie de 10% du budget des ménages (anciens états membres) à 35% (nouveaux états membres).

Les changements enregistrés dans les modes de consommation ont des implications importantes pour l'environnement. Durant les trente dernières années, la composition du régime alimentaire s'est modifiée: la consommation de pommes de terre, de lait et de viande bovine s'est considérablement réduite tandis que la consommation de fruits et légumes, de viande de porc et de poulet, de poissons et de fruits de mer, de fromage a augmenté.

En moyenne, un européen (ancien état membre) consomme 91 kg de viande, 26Kg de poisson, et de fruits de mer, plus de 300 kg de céréales, légumes et fruits et 80 kg de pommes de terre chaque année. Dans les nouveaux états membres, les personnes mangent moins de viande, de poisson et de fruits de mer mais davantage de céréales.

Les possibilités de choix se sont diversifiées: en hiver, on peut acheter des raisins frais en provenance du Chili, ou des oranges venues d'Australie dans les supermarchés locaux. De même le temps consacré à la préparation des aliments a fortement évolué. De nombreux européens achètent des légumes préparés, des repas surgelés et mangent plus souvent au restaurant ou à la cafétéria, sur les lieux de travail ou à l'école. En 1960, une épicerie proposait 2000 produits différents. Aujourd'hui un supermarché en propose plus de 15000.

Des problèmes récents de sécurité alimentaire comme la maladie de la vache folle, la peste porcine, la grippe aviaire et les salmonelles, la contamination des boissons, ont renforcé l'attention portée à la sécurité alimentaire et à la santé. La maladie de la vache folle a entraîné une réduction de la consommation de la viande bovine. Les débats citoyens à propos des OGM ont montré que les personnes étaient concernées par les risques.

Pour les personnes travaillant à l'extérieur, bénéficiant de revenus plus élevés et ayant moins de temps libre, la "convenience" est devenue un facteur déterminant des choix alimentaires. Le congélateur, le réfrigérateur et dans beaucoup de cas le four micro-ondes sont présents dans la plupart des ménages, permettant l'utilisation de plats préparés qui demande un minimum de temps de préparation à la maison.

Durant les années 90, la consommation d'eau en bouteille a augmenté dans tous les pays européens, et dans beaucoup de pays, elle commence à remplacer la consommation d'eau du robinet. Les impacts environnementaux de la consommation d'eau en bouteille incluent les effets du transport sur de longues distances et la production de déchets d'emballage.

Impacts environnementaux des choix alimentaires

Approximativement, un tiers des impacts environnementaux d'un ménage sont liés à la consommation de nourriture et de boisson. (Danish EPA, 2002)

Les impacts les plus importants proviennent des phases de production et de transformation en Europe et dans les autres régions du monde. Ces impacts comprennent les émissions produites par les élevages, l'agriculture et les industries dans l'eau, le sol et l'air, la surconsommation des ressources de pêche, l'augmentation des transports, la production de déchets, en particulier de déchets organiques et d'emballage.

Les impacts environnementaux directs de la consommation alimentaire sont moins importants que les impacts indirects et sont généralement liés à la consommation d'énergie des activités telles que le transport des courses, la réfrigération, la surgélation, la préparation, le lavage de la vaisselle. La consommation d'eau et la production de déchets sont aussi des impacts importants. Le transport des courses en voiture consomme de l'énergie, produit des émissions de gaz à effet de serre et pollue l'air.

Une étude suédoise a comparé les émissions de gaz à effet de serre de 4 repas différents ayant le même contenu en énergie et en protéines (Carlsson-Kanyama, 2003). Ces émissions, calculées sur le cycle de vie, varient de 190 g de CO2 pour un repas végétarien à base d'ingrédients locaux à 1800 gr de CO2 pour un repas contenant de la viande et des ingrédients importés. Le repas végétarien peut produire autant de C022, si non plus, si les ingrédients sont importés.

Les activités liées à la nourriture représentent 7-12% de la consommation d'énergie domestique.

Les déchets d'emballage, dans l'Europe des 15, représentent en moyenne 160 Kg par personne et par an. Plus des deux tiers des emballages que nous consommons sont des emballages alimentaires.

Evolutions probables

La part du budget des ménages consacré à l'alimentation va encore diminuer. La consommation de boissons, de poisson, de produits laitiers et de viande devrait augmenter considérablement tandis que la consommation de pain, de céréales, d'huiles et de graisses devrait également augmenter mais dans une moindre mesure.

La globalisation de la production alimentaire pourrait signifier l'émergence de nouveaux risques de sécurité alimentaire, des risques anciens pourraient réapparaître et des denrées contaminées pourraient être dispersées sur de plus grandes étendues géographiques. Dans le futur, les normes en matière de sécurité alimentaires seront probablement encore renforcées.

Les tendances concernant la diversité, la "convenience", les denrées préparées vont continuer. La quantité et la variété de denrées exotiques devraient aussi augmenter.

Pour changer la situation les autorités publiques ont un rôle important à jouer: élaborer des mesures encourageant les modes de production à moindre impact environnemental, internaliser les coûts environnementaux, cesser d'attribuer des subsides dommageables pour l'environnement et fournir aux consommateurs une information claire et adéquate sur les impacts environnementaux des choix alimentaires ainsi qu' une information aidant à faire des choix à moindre impact environnemental.

Les consommateurs peuvent contribuer à réduire les impacts environnementaux indirects, en choisissant par exemple des fruits et légumes produits localement de saison.

Ils peuvent aussi réduire les impacts directs: transport des courses, consommation d'énergie, eau

La capacité et la volonté des consommateurs à modifier leurs choix alimentaires dépendent de la disponibilité d'une information adéquate, de la disponibilité d'aliments "durables" et de leur prix.

Référence

Household consumption and the environement. European Environment Agency EEA Report n°11/2005

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