L'indication de la valeur nutritionnelle dans l'étiquetage d'une denrée alimentaire n'est pas obligatoire. Mais si elle figure sur l'étiquette, elle doit y être indiquée conformément aux prescriptions réglementaires. Par contre, l'indication de la valeur nutritionnelle est obligatoire à partir du moment où l'étiquetage comporte une allégation nutritionnelle, c-à-d fait mention d'une caractéristique nutritionnelle de la denrée (par exemple: "riche en vitamine C", "pauvre en cholestérol",...).
L'étiquetage nutritionnel fournit des informations sur la valeur nutritionnelle ou alimentaire des denrées alimentaires: la valeur énergétique, les protéines, les hydrates de carbone, les matières grasses, les vitamines, les minéraux et oligo-éléments, etc.
Ce qu'il faut retenir de la réglementation:
- L'étiquetage nutritionnel est facultatif. Les fabricants ne doivent pas donner la valeur énergétique de leur produit s'ils ne le souhaitent pas. Par contre, dès qu'ils veulent donner une information nutritionnelle, ils sont tenus à un étiquetage minimum dit "de type I" mentionnant la valeur énergétique (en kilojoules et kilocalories) ainsi que les teneurs en protéines, sucres et graisses;
- Cet étiquetage ne devient obligatoire que si le fabricant veut ajouter une allégation sur l'emballage (par exemple "riche en...", "un plein d'énergie", etc.) ou dans sa publicité. On passe alors à un étiquetage de "type 2" reprenant les mêmes informations plus la proportion de sucre dans les glucides (ensemble des sucres) et celle des acides gras saturés dans les lipides (ensemble des graisses), les fibres alimentaires et le sodium. Pour pouvoir mettre en avant une teneur élevée en vitamines ou en minéraux, il faut que celle-ci représente au moins 15% des apports journaliers recommandés (AJR) par 100g ou 100 ml et, que cette teneur soit précisée sur l'étiquette;
- En cas d'enrichissement du produit, l'étiquetage doit comporter la liste complète des nutriments (protéines, lipides,...), des vitamines, des minéraux et des oligo-éléments ajoutés ainsi que la date jusqu'à laquelle les teneurs mentionnées sont garanties, par 100 g/100 ml ainsi qu'en pourcentage des Apports Journaliers Recommandés. Ici aussi, l'ajout d'un élément doit atteindre au moins 15% des AJR pour pouvoir être indiqué;
- Pour la vente en vrac, au comptoir, l'étiquetage est autorisé, mais non obligatoire et dépend des dispositions nationales. Or, la Belgique ne reconnaît l'obligation d'étiquetage que pour les produits préemballés, laissant la vente en vrac évoluer sans contrainte en ce domaine.
L'énumération des nutriments sur l'étiquetage nutritionnel doit se faire d'une certaine manière. Il s'agit notamment des éléments suivants:
- La valeur énergétique: énergie, en kilojoules( kJ ) ou kilocalories (kcal)
- Les teneurs en protéines, glucides et matières grasses
- Protéines, en grammes(g)
- Glucides, en grammes (g)
- Matières grasses, en grammes (g)
L'étiquetage nutritionnel est obligatoire, dès que l'étiquetage, la présentation ou la publicité contient une allégation concernant la valeur nutritionnelle.
En outre, si cette allégation porte sur des sucres, des acides gras saturés ou des graisses saturées, des fibres alimentaires ou du sodium, ces données doivent être référencées de manière précise:
- Acides gras saturés, en grammes (g)
- Fibres alimentaires, en grammes (g)
- Sodium, en grammes (g)
En outre, on peut mentionner dans l'étiquetage nutritionnel l'un ou plusieurs des éléments suivants:
- Amidon, en grammes (g)
- Polyols, en grammes (g)
- Graisses saturées, mono-insaturées ou poly-insaturées, en grammes (g)
- Cholestérol, en milligrammes (mg)
- Vitamines et minéraux en grammes (g) et Dose Journalière Admissible (DJA)
La présentation des éléments nutritionnels doit se faire sous forme d'un tableau, avec les données chiffrées présentées les unes en dessous des autres, mais s'il manque d'espace, les chiffres peuvent également être placés les uns après les autres.
La mention doit se faire au minimum par 100ml ou 100g. Mais, en plus, cette information peut être indiquée par portion, moyennant mention du nombre de portions comprises dans l'emballage. Les teneurs mentionnées doivent porter sur la denrée alimentaire telle qu'elle est offerte en vente.
Allégations nutritionnelles versus étiquetage nutritionnel
Du jus d'oranges suffisamment "riche en" calcium pour concurrencer le lait; des biscuits enrichis aux vitamines et oligo-éléments pour un " petit déjeuner complet"; des chips (hyper grasses et salées de nature) présentées comme fabriquées "à l'huile d'olive", en espérant qu'on les associe au régime crétois connu pour son équilibre nutritionnel, etc.. Des allégations de ce genre, plus slogans publicitaires que réalités diététiques, nous pourrions en citer des dizaines. De quoi brouiller autant de fois les quelques pistes nutritionnelles connues et suivies par les consommateurs. Non obligatoire sauf cas précis, l'étiquetage nutritionnel tel que prévu dans l'Union européenne laisse la porte ouverte aux allégations santé ou diététiques de tous bords et offre aux fabricants beaucoup de libertés.
Etude CRIOC concernant l'étiquetage nutritionel.
Une étiquette explicite est une condition essentielle pour que les consommateurs puissent choisir et acheter leurs aliments. Cependant, une enquête réalisée par le CRIOC en 2OO4 pour le Ministre de la Santé Publique, a montré que les consommateurs ne comprenaient pas très bien l'étiquetage. Même si 58% d'entre eux tentent de lire les étiquettes, ils opèrent leurs choix à la lumière des indications les plus visibles sur les emballages, et celles-ci sont plutôt des allégations.
Plus de la moitié des personnes interrogées se laissent guider dans leurs choix par des préoccupations relatives à la santé mais elles ne se réfèrent pas à l'étiquette sensée leur fournir les indications nutritionnelles.
Une analyse de l'étiquetage des denrées alimentaires fait apparaître qu'un étiquetage nutritionnel figure sur environ 70% des emballages, mais qu'il n'est pas ou peu lu. Les consommateurs signalent différents obstacles à cette lecture: les différences de format et de place d'une étiquette à l'autre, la typographie petite et peu claire, les mots compliqués, tels qu'"acides gras poly-insaturés" ou "acide linoléique", ou encore les informations dont l'interprétation peut prêter à confusion. 32% des consommateurs affirment qu'ils n'ont pas les connaissances suffisantes pour comprendre les indications nutritionnelles qui leur sont fournies (39% ont une opinion plus nuancée sur leurs propres compétences, 29% estiment avoir des connaissances suffisantes en la matière).
A côté de l'étiquetage nutritionnel proprement dit, figurent toutes sortes d'allégations sur les emballages de denrées alimentaires. Les consommateurs s'avouent sensibles à ces allégations, bien que 78% d'entre eux expriment leur méfiance vis-à-vis de celles-ci. Parmi les sceptiques, 49% pensent que ces allégations ne sont pas toujours exactes, 29% ont une opinion mitigée à ce sujet.
Néanmoins, 52% des personnes interrogées admettent que de telles allégations les influencent dans leurs achats. Ne voulant pas prendre de risque avec leur santé, ces personnes achètent des produits présentant des allégations nutritionnelles, malgré le fait que bon nombre ne les trouvent pas crédibles.
Les allégations nutritionnelles peuvent entraîner beaucoup de confusion; c'est le cas notamment quand une mention du type " riche en oméga 3" masquent le fait que le produit contient trop de sucre ou de matières grasses, et n'est donc pas vraiment recommandable du point de vue nutritionnel.
Il ressort de cette étude que du point de vue des consommateurs, l'information fournie par le producteur ne doit pas seulement être juste, elle doit aussi être contrôlable et écrite en caractères suffisamment grands. Ils veulent plus d'informations "utiles", bien mises en évidence, et non pas perdues dans toutes sortes d'indications promotionnelles. Les consommateurs demandent que toute l'information figure sur l'étiquette, il leur appartient en fin de compte de la consulter ou non.
Ces résultats plaident pour une meilleure intégration des problématiques de l'étiquetage, de la présentation et de la publicité des denrées alimentaires dans une seule et même directive sur l'étiquetage.
Réglementation
Directive n° 90/496/CEE du Conseil du 24 septembre 1990 relative à l'étiquetage nutritionnel des denrées alimentaires,
http://europe.eu/scadplus/leg/fr/lvb/l21092.htm.
A.R. du 8 janvier 1992 concernant l'étiquetage nutritionnel des denrées alimentaires et modifications,
http://www.ejustice.just.fgov.be/cgi/welcome.pl.
A.R. du 3 mars 1992 concernant la mise dans le commerce de nutriments et de denrées alimentaires auxquelles des nutriments ont été ajoutés,
http://www.ejustice.just.fgov.be/cgi/welcome.pl.
|