Des collations sans déchets
Thématique Alimentation         Publié le : 14/03/2006
Catégorie: Article

Récréation, 10 heures, collations,... des mots souvent chargés d'heureux souvenirs. Prendre une collation à l'heure de la récréation, c'est bien plus qu'une détente, c'est l'occasion de faire le plein d'énergie pour rester en forme toute la journée. Ce qui est d'autant plus nécessaire, qu'un nombre croissant de jeunes se privent de déjeuner et arrivent à l'école le ventre creux (1). Il importe que la collation apporte tous les éléments nutritifs d'une manière équilibrée. Or les fruits et tartines sont de plus en plus souvent remplacés par des snacks et des boissons sucrées. Ceux-ci contiennent trop de sucres rapides, trop de graisses et trop d'additifs. Trop d'emballages engendrent une montagne de déchets.

En effet, les snacks sont vendus en portion individuelle, emballés et même suremballés. Les producteurs ne cessent d'inventer de nouveaux produits et de nouveaux emballages toujours plus ludiques et tentants mais ô combien polluants: produits " miniatures ", mikado, bouchées de fromages frais, lunchable (emballage contenant tous les ingrédients pour réaliser soi-même un mini-sandwich!). Les collations que les enfants emmènent à l'école génèrent des déchets d'emballage à l'école (ou le tri sélectif des déchets n'est que rarement opérationnel) mais également à la maison (suremballage, emballage de groupage). Outre les déchets d'emballage, de nombreux restes de collations (déchets organiques) sont également jetés. L'Observatoire Bruxellois de la Consommation Durable (OBCD) a mesuré les quantités de déchets produites par différents types de biscuits et de snacks. En Région Bruxelloise, la population scolaire s'élève à 154.086 élèves(2) (75.847 élèves primaires et 78.239 élèves secondaires).

Si chaque élève consomme une boisson et un snack par jour (162 jours scolaires) au terme d'un an cela représente 24.961.932 unités de boisson et 24.961.932 unités de biscuits. A supposer que les élèves du primaire consomment des boissons en tétrabriques et que les élèves du secondaire consomment des boissons en canettes, les quantités de déchets produites par an équivalent à:

  • 12.287.214 x 10 g multimatières = 123 tonnes multimatières (carton/plastique/alu);
  • 12.674.718 x 30 g de métal = 380 tonnes de métal (alu ou acier).

En ce qui concerne les snacks, prenons comme exemple un Léo de 33,3g emballé dans une feuille d'aluminium de 1g et une feuille de papier d'1,2 gr, conditionnés par 10 dans un film plastique de 2,3 g. Si chaque élève en consomme un par jour scolaire, les quantités de déchets produites s'élèvent à:

  • 25 tonnes d'aluminium;
  • 30 tonnes de papier;
  • 5 tonnes de film plastique;
  • soit 60 tonnes au total.

Pour d'autres types de snacks, la quantité de déchets peut être beaucoup plus élevée.

Selon le même scénario:

Type de snacks Nature de l'emballage Emballage
Quantités par portion
Déchets
Quantités annuelles
(tonnes)
Mikado LU, 2 portions de 30 g Coque plastic
Film aluminium
Carton
15,0 g
0,6 g
7,3 g
374
15
182
Total 571
Lunchables KRAFT, 2 portions de 100 g Coque plastique
Etiquette carton
Carton
10,4 g
2,4 g
10 g
260
60
250
Total 570
The Simpsons LU, 6 portions de 30 g Pochette plastique
Carton
1,2 g
7,7 g
30
192
Total 222
Petit Jacky, 4 yaourts à boire de 200 g Bouteille plastique
Carton
16,9 g
3,4 g
422
85
Total 507

Les emballages de boissons sont généralement repris par les collectes sélectives en vue du recyclage mais le tri sélectif dans les écoles n'est pas souvent opérationnel (possibilités de tri inexistantes, tri mal organisé, tri mal effectué). Les déchets d'emballage de snacks (films plastiques, coques plastiques et raviers plastiques), eux, ne sont pas repris par la collecte sélective.

Conclusions de l'OBCD au terme de l'enquête

  • Les biscuits et les snacks sont des produits qui génèrent beaucoup de déchets d'emballage.
  • Les biscuits présentés en portion individuelle génèrent, selon les exemples, de 2 à 7 fois plus de déchets d'emballage que la même marque de biscuits emballés dans un seul emballage.
  • Autres snaks producteurs de déchets: les mikados (biscuits, sauce chocolatée et granules de sucre présentés séparément dans un emballage compartimenté) et les "lunchable" (ingrédients permettant de réaliser un mini sandwich, présentés séparément dans un emballage compartimenté), les biscuits et snacks accompagnés d'un gadget.
  • Dans plus de 90% des cas envisagés, le prix est en relation directe avec la quantité de déchets produite: plus un produit génère de déchets d'emballage, plus il est cher! Ainsi, pour une même marque de produit, il peut exister une différence de prix allant du simple au double (pour 100 g de produit) lorsque l'on passe de l'emballage grand format au produit "mini" en emballage individuel.

Conseils aux familles

Sur base de ces observations, l'OBCD recommande aux parents de veiller à ce que tous les membres de la famille prennent un petit déjeuner consistant et équilibré. Avec un petit déjeuner dans le ventre, les enfants se concentrent mieux, et ont moins faim à la récréation.

Ils peuvent donner aux enfants des en-cas de bonne qualité nutritionnelle, en particulier des fruits et des légumes crus ainsi que des tartines. Et résister à la pression publicitaire, particulièrement forte dans ce domaine!

L'utilisation de la boîte à tartines et de la gourde doit être encouragée. Cela permet d'éviter l'achat de biscuits et de boissons en petits emballages individuels et de varier les encas. Seule une boite à tartines permet de transporter un fruit épluché sans qu'il ne s'abîme, une part de gâteau fait à la maison, quelques biscuits et un morceau de chocolat,... Avec une gourde, on peut aussi changer de boisson tous les jours: eau, eau avec sirop, jus de fruits, lait,...

Aujourd'hui on trouve de nombreux modèles de gourdes (pour environ 2,5 Euros) tout à fait étanches et facilement manipulables. Par exemple, les gourdes munies d'un bouchon " sportif " qu'il suffit de tirer pour ouvrir, ou celle munies d'un bouchon avec une paille rigide qu'il faut relever lorsque l'on veut boire. Certains modèles ont adopté le format de la tétrabrique et se glissent facilement dans la boîte à tartines à côté du fruit ou du biscuit. Les boites à tartines existent aussi dans de nombreuses versions (entre 1,5 et 4 Euros).

Pour les petits, on préfèrera les modèles dont le couvercle est solidaire de la boite, ce qui leur évitera de perdre l'une des deux parties ou l'élastique. Les boîtes garnies de compartiments mobiles permettent de transporter plusieurs types d'aliment (un fruit et un biscuit, par exemple) sans qu'ils ne se mélangent. Gourde et boite en plastique peuvent se mettre au lave-vaisselle, ce qui garantit une bonne hygiène. Il convient de marquer ces récipients au marqueur indélébile. Prévoir un petit sac léger séparé pour mettre la collation permet d'éviter les " cartables à la grenadine ".

(1) Plus de 20% des étudiants du secondaire ne mangent pas de petit déjeuner le matin. (Test-Achats, septembre 1998).

(2) Service des statistiques, Ministère de l'éducation de la Communauté française.

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