Nous ne nous rendons pas compte que lorsque nous mangeons, nous exerçons une pression importante sur l'environnement. Il s'agit autant d'impacts indirects comme ceux exercés par la production ou la transformation et la distribution des denrées que d'impacts directs comme la consommation d'énergie lorsque nous cuisons des aliments.
Dans le passé, c'était plus simple. Les gens allaient dans leur jardin, récoltaient quelques légumes, abattaient un porc ou une poule et commençaient à préparer le repas. La charge environnementale qui en résultait était très limitée. A présent, cela se passe différemment: les circuits se sont allongés, les denrées proviennent parfois de régions très éloignées, nos mode de vie ont évolué, nous consacrons moins de temps à produire et préparer nos aliments.
Le cycle de vie d'un aliment commence souvent par la phase de production agricole. Comme par le passé, l'agriculteur cultive les champs pour produire les meilleurs légumes, fruits, céréales, viandes, oeufs,.... Mais de manière très différente. Pour semer, arroser, récolter, le travail humain a été remplacé par les machines et les intrants chimiques; les animaux sont élevés à l'intérieur de bâtiments; de nombreux végétaux sont produits sous serre, si bien que les modes actuels de production posent des questions environnementales: contamination des sols par les pesticides, consommation d'énergie et d'eau, dépendance des agriculteurs par rapport aux producteurs de semences et de produits phyto.
Les chaines de production se sont allongées: les denrées produites par l'agriculture ne sont plus consommés en l'état mais sont des ingrédients transformés par les entreprises agro-alimentaires en aliments. Cet allongement des circuits se traduit par des transports sur de longues distances, la consommation d'énergie, l'utilisation d'additifs nécessaires à la production industrielle et à la conservation sur de plus longues périodes, la production de déchets d'emballage,...
Avant, nous avions le temps et le savoir pour cuisiner et mijoter de bons petits plats. De nos jours, la soirée commence souvent par un repas tout fait, assez fade, que l'on réchauffe au micro-ondes. Pour préparer ces plats tout faits, l'industrie alimentaire a besoin d'énergie, beaucoup d'énergie... d'abord pour transporter tous les ingrédients à l'usine et ensuite pour tout préparer.
Dans les grandes surfaces, situées en périphérie des villes, bien différentes de l'épicerie de quartier, les choix se sont étendus. En Europe un supermarché moyen propose plus de 15.000 références et l'offre s'accroît et se diversifie sans cesse: plats préparés surgelés, légumes lavés, découpés sous vide, huile en bombe aérosols, mini-portion de mayonnaise, crevettes de Thaïlande...Les cycles de production se complexifient et obéissent essentiellement à des impératifs économiques: par exemple, des crevettes grises récoltées en Belgique, sont transportées au Maroc pour y être décortiquées et sont ensuite ramenées en Belgique pour être vendues.
La quantité d'énergie consommée par un aliment avant qu'il n'arrive dans notre assiette est donc très importante. L'abondance et la diversité alimentaire sont telles aujourd'hui que nous n'avons plus conscience de tout le travail, tout le cycle de production - et l'impact environnemental - que recouvre un simple aliment comme une banane. Pour nombre d'entre nous, les denrées alimentaires sont si banals que nous n'en prenons pas grand soin. Avec pour conséquence un gaspillage important. Ainsi, un ménage moyen à Bruxelles jette environ 30 kilos de denrées alimentaires par an. Quand une pomme provenant de la Nouvelle Zélande arrive en Belgique, elle a parcouru plus de 15.000 km; si elle est légèrement abimée, il y a beaucoup de chance qu'elle soit jetée avant même d'arriver au consommateur.
Le gaspillage alimentaire n'est donc pas qu'un gaspillage de denrées alimentaires mais également une consommation inutile d'énergie, d'eau, de ressource, des kms et des émissions de CO2 contribuant à l'effet de serre, des kg de déchets qu'il faut collecter et traiter. Un gaspillage choquant quand on considère qu'une grande partie de l'humanité souffre de mal et de sous-nutrition.
En tant que consommateurs nous pouvons contribuer à modifier cette situation en faisant des choix plus responsables et en apprenant à conserver et préparer nos aliments de manière à éviter les gaspillages et les consommations en énergie et en eau trop importantes. Choisir des fruits et légumes de saison produits localement, manger moins de viande, éviter le surremballage, boire de l'eau du robinet... autant de choix simples qui contribueront à préserver l'environnement mais également notre santé.
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