En Europe, 6 des 7 principaux facteurs de risque de mort prématurée (pression sanguine, cholestérol, indice de masse corporelle, consommation insuffisante de fruits et légumes, manque d'activité physique, consommation excessive d'alcool) concernent la façon dont nous mangeons, nous buvons et nous nous dépensons. Un régime équilibré, associé à une activité physique régulière, sans consommation de tabac, sont des facteurs importants pour conserver une bonne santé.
L'analyse des résultats de l'enquête nationale de santé 2001 (Belgique) révèle des évolutions inquiétantes. Ainsi, 44% de la population adulte connaît une surcharge pondérale - un homme sur deux, une femme sur trois - et 11% est obèse. Les complications cardio-vasculaires, les cancers liés au mode de vie et le diabète de type II en constituent les principales pathologies. Chez les enfants, la situation n'est guère brillante, des cas de diabètes gras apparaissent, 23% sont trop gros et près de 7% sont obèses.
L'International Obesity Task Force (IOTF), un panel d'experts créé par l'Organisation Mondiale de la Santé, estime que les pathologies liées à l'obésité représentent 2 à 8% des dépenses de santé.
Même s'il est simpliste d'accuser l'industrie alimentaire de tous les maux, il convient de s'interroger sur la part de responsabilité que celle-ci pourrait prendre. L'alimentation est un choix, à la fois, personnel et culturel. A ce titre, le consommateur, les familles, l'école, les pouvoirs publics et les producteurs ont chacun une responsabilité.
Déclarer que les industries n'ont aucune responsabilité car le consommateur est libre de ses choix et que c'est la sédentarité et non l'alimentation qui est la cause de cette épidémie, relève du cynisme ou de la candeur.
Une étude récente du CRIOC "Allégations de santé" a confirmé le cynisme et l'angélisme de certains producteurs qui vantaient (toujours) les bienfaits des ingrédients de leurs produits et omettaient (souvent) d'en préciser les risques ou que la quantité nécessaire à leur efficacité exigeait une consommation telle que celle-ci ne pouvait se faire dans le cadre d'une alimentation variée et équilibrée! Même si un chocolat est relaxant, il reste un chocolat avec des graisses et du sucre et sa consommation à longueur de journée n'est guère conseillée!
Pendant des décennies, on s'est contenté d'évaluer les apports alimentaires en comptant les calories consommées. Or, si l'apport calorique était le seul élément à prendre en compte, il suffirait, pour couvrir les besoins journaliers (1 800 à 2 000 Kcal), de manger au choix 250 g de beurre ou 350 g de chocolat, ce qui bien sûr représente une aberration. Il ne faut plus raisonner en terme de calories, mais bien en densité nutritionnelle afin de choisir, à apport calorique égal, les aliments les plus riches en nutriments: protéines, vitamines, minéraux, acides gras essentiels...
Une alimentation pauvre en vitamines, sels minéraux, oligo-éléments, acides gras... entraîne des carences pouvant se manifester par de la fatigue, des crampes, une perte d'appétit, des insomnies, de l'irritabilité... La vie sédentaire a réduit les besoins caloriques, mais pas ceux en nutriments vitaux. Aussi, à valeur calorique égale, mieux vaut privilégier les aliments de haute densité nutritionnelle. Comparons, par exemple, 200 ml de lait demi-écrémé à 200 ml de soda. De même volume et de valeur calorique identique (90 Kcal), ces deux boissons apportent la même quantité d'énergie. Mais, le lait riche en protéines, calcium, vitamines... a une haute densité nutritionnelle, alors que le soda, qui n'apporte que des sucres, est riche en "calories vides".
Aucun aliment ne peut assurer l'ensemble des besoins de l'organisme, mais chacun présente des intérêts particuliers, d'où la nécessité d'une alimentation variée pour assurer un bon équilibre nutritionnel. |